Plusieurs études démontrent que la consommation d’aliments contenant des sucres ajoutés, en particulier les boissons gazeuses, est associée à une hausse du risque d’obésité et de plusieurs maladies chroniques.  Il n’y a donc pas de doute qu’une réduction de cette consommation de boissons gazeuses (et des boissons contenant des sucres ajoutés en général) est une condition indispensable à une réduction du fardeau imposé par ces maladies chroniques, ainsi qu’à l’amélioration globale de l’état de santé de la population.

Malheureusement, cet objectif se bute à une énorme résistance de la part des compagnies qui commercialisent ces boissons sucrées.  Même si l’objectif de cette industrie  n’est pas de rendre les gens malades, il ne faut pas oublier que sa raison d’être est d’abord et avant tout de réaliser des profits, même si cela implique de mettre sur le marché des produits qui sont nocifs pour la santé.   Comme pour l’industrie du tabac avant elle, l’industrie des boissons sucrées a donc développé plusieurs stratégies pour éviter la mise en place de mesures qui pourraient entrainer une diminution des ventes de ses produits, notamment la taxation.

Une étude récente met bien en lumière une de ces stratégies.  En examinant en détail les dons et les dépenses de lobbying effectués par les deux principales compagnies de boissons sucrées (Coca-Cola et PepsiCo), les chercheurs ont montré que plusieurs organisations de promotion de saines habitudes de vie, incluant celles dédiées à combattre l’obésité, avaient accepté des millions de dollars provenant de l’industrie. Entre 2011 et 2015, ces deux compagnies ont subventionné à elles seules pas moins de 96 organisations, les plaçant du même coup en situation flagrante de conflit d’intérêts. Sans faire preuve de cynisme, on peut facilement imaginer que ces subventions visaient, au moins en partie, à assouplir les positions de ces organisations face aux boissons sucrées. Et il semble que cette stratégie ait fonctionné : les chercheurs ont en effet remarqué que certains groupes ayant reçu des subventions avaient abandonné leur soutien à une taxation des boissons sucrées ou encore avaient choisi de ne pas se prononcer sur le sujet.  En parallèle,  Coca-Cola et PepsiCo ont également investi dans des activités de lobbying contre 29 projets de loi proposant des moyens de diminuer la consommation de boissons sucrées ou de promouvoir de meilleures habitudes alimentaires.

Il faut donc être très critique face cette industrie qui tente d’adoucir son image publique en donnant de l’argent à des organisations de santé publique respectables, mais qui en pratique cherche par tous les moyens à empêcher la mise en place de mesures destinées à réduire la consommation de boissons sucrées pour améliorer la santé du public, incluant la taxation.

Partager cet article: