La cigarette électronique réduit drastiquement l’exposition aux toxiques du tabac

La cigarette électronique réduit drastiquement l’exposition aux toxiques du tabac

EN BREF

  • La fumée de cigarette contient plus de 7000 composés chimiques, dont au moins 250 sont des toxiques bien caractérisés et 70 qui sont des cancérigènes établis.
  • En permettant l’absorption de nicotine sans combustion du tabac, la cigarette électronique représente donc une alternative pour réduire l’exposition à ces composés toxiques.
  • Selon une analyse de l’Institut Pasteur, cette réduction est très importante, les aérosols générés par les cigarettes électroniques contenant moins de 1 % des toxiques retrouvés dans la fumée de cigarette.
Il n’y a rien de pire que la cigarette pour la santé du coeur et des vaisseaux (et la santé en général) et cesser de fumer est de très loin la meilleure décision qu’une personne peut prendre pour diminuer son risque de développer une maladie cardiovasculaire. Le sevrage du tabac est cependant très difficile pour de nombreux fumeurs et, depuis plusieurs années, je recommande à mes patients qui sont incapables de cesser de fumer par les moyens conventionnels (timbres, gomme, etc.) d’utiliser la cigarette électronique.

Dans une cigarette électronique, une solution de nicotine est chauffée à environ 80oC à l’aide d’un atomiseur, ce qui génère un aérosol qui permet au vapoteur d’inhaler une petite quantité de nicotine (comme un fumeur) pour assouvir sa dépendance, mais qui ne contient pas les multiples molécules toxiques qui sont générées lors de la combustion du tabac (à environ 900 °C).  Ce dernier point est le plus important : contrairement à ce que plusieurs pensent (incluant la majorité des médecins), ce sont les produits de combustion de la cigarette de tabac qui causent les problèmes de santé, et non la nicotine. Cette dernière est une drogue qui crée la dépendance au tabac et qui incite les personnes à fumer, mais elle n’a pas d’effets majeurs sur la santé et n’est surtout pas responsable des maladies cardiovasculaires ni du cancer du poumon qui découlent du tabagisme. L’intérêt de la cigarette électronique est donc qu’elle permet aux fumeurs très dépendants de la nicotine de réduire considérablement leur exposition aux nombreuses substances toxiques de la fumée de cigarette. Il s’agit d’un exemple classique de ce qu’on appelle la réduction des méfaits (harm reduction).

De plus, non seulement la cigarette électronique est moins toxique que le tabac, mais une étude clinique randomisée publiée récemment dans le prestigieux New England Journal of Medicine montre qu’elle peut être très utile pour le sevrage tabagique, avec une efficacité deux fois plus grande que les approches traditionnelles à base de substituts nicotiniques. Ces dispositifs représentent donc une innovation technologique très intéressante qui ajoute une nouvelle dimension à la lutte au tabac.

Désinformation à grande échelle

Cela étant dit, un des aspects les plus déconcertants de la couverture médiatique qui entoure tout ce qui touche la cigarette électronique est le ton négatif, souvent même alarmiste, qui est employé pour rapporter les derniers développements de la recherche sur ces dispositifs.  N’importe quelle étude qui prétend montrer un impact négatif de la cigarette électronique sur la santé fait les manchettes, même celles qui sont de qualité médiocre et publiées dans des journaux de second ordre, tandis que les études qui rapportent plutôt un effet positif sont tout simplement ignorées, même lorsqu’elles sont très solides scientifiquement et publiées dans des journaux médicaux prestigieux. Ce déséquilibre fait en sorte que la population est informée seulement des risques potentiels associés à la cigarette électronique, sans savoir qu’il existe en parallèle toute une littérature qui montre que ces dispositifs ont des effets positifs sur la santé des fumeurs.

Un des meilleurs exemples de ce biais médiatique est sans doute la couverture d’une étude prétendant montrer une hausse du risque de crise cardiaque chez les vapoteurs, étude qui a été largement diffusée dans l’ensemble des médias de la planète lors de sa publication.  Pourtant, un examen critique des résultats a révélé que la majorité des 38 patients de l’étude avaient subi un infarctus en moyenne 10 ans AVANT de commencer à vapoter et donc que ces infarctus ne pouvaient pas être dus à la cigarette électronique.  Puisque les vapoteurs sont presque toujours des ex-fumeurs, la hausse d’infarctus observée chez les vapoteurs est simplement due au fait que ces personnes ont abandonné le tabac après avoir été malades et utilisent maintenant la cigarette électronique pour éviter une récidive.   Il s’agit d’un cas flagrant de faute scientifique qui a entrainé une rétraction de l’article, sauf que le retrait de cette étude frauduleuse n’a pas été rapporté par la plupart les médias. Il faut souligner que l’auteur principal de cet article rétracté, Stanton Glantz, est l’un des chercheurs les plus engagés contre l’usage de la cigarette électronique .

C’est d’autant plus dommage qu’une étude clinique randomisée, très bien faite celle-là, a montré que c’est exactement le phénomène contraire qui se produit, c’est-à-dire que la transition des fumeurs vers la cigarette électronique est positive, car elle s’accompagne d’une amélioration rapide (en 1 mois seulement) de la santé des vaisseaux sanguins.  Cette étude importante n’a cependant pas été rapportée par les médias et la population ne sait donc pas que, loin d’être nocive pour le coeur, la cigarette électronique est au contraire associée à des bénéfices concrets pour la santé des fumeurs.

La conséquence immédiate de cette  désinformation est de faire en sorte que de moins en moins de personnes considèrent la cigarette électronique comme une alternative moins nocive au tabac, incluant les fumeurs, et qu’il y a un risque de voir diminuer le nombre de fumeurs qui font le saut vers la cigarette électronique.  Je le vois déjà dans ma pratique : des patients qui s’étaient sevrés du tabac grâce au vapotage ont recommencé à fumer, alors que d’autres sont réticents à essayer la cigarette électronique pour cesser de fumer.  Dans les deux cas, la raison invoquée est la même : si vapoter est aussi mauvais que fumer, pourquoi faire la transition ?  On peut donc voir que les campagnes de désinformation peuvent avoir des conséquences réelles pour la vie des gens et même faire littéralement la différence entre la vie et la mort chez certains d’entre eux.

Réduction des toxiques

Pourtant, personne ne peut sérieusement soutenir que la cigarette électronique est aussi néfaste pour la santé que la cigarette.  La fumée de cigarette contient plus de 7000 composés chimiques, dont au moins 250 sont des toxiques bien caractérisés et 70 qui sont des cancérigènes établis.  L’exposition répétée à ces émissions toxiques est directement responsable de 8 millions de morts chaque année dans le monde, ce qui fait du tabagisme la principale cause de décès évitables, en particulier ceux causés par le cancer (30 % de tous les cancers sont dus au tabac) et les maladies cardiovasculaires et respiratoires.

Les analyses réalisées par Public Health England, la National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine américaine et le Committee on Toxicity of Chemicals in Food, Consumer Products, and the Environment britannique montrent toutes que les aérosols provenant des cigarettes électroniques contiennent un nombre et une quantité bien moindre de substances toxiques que la fumée de cigarette et sont donc moins nocives pour la santé que le tabac fumé. C’est pour cette raison que des organismes comme Public Health England ou encore en France l’Académie nationale de médecine recommande fortement aux fumeurs de ne pas hésiter et de faire la transition vers le vapotage.

Cela ne veut pas dire que la cigarette électronique est absolument sans danger, mais il est indéniable qu’elle est beaucoup moins dommageable que le produit qu’elle remplace (ce qui est le principe de base de la réduction des méfaits).  À force de s’intéresser seulement à identifier une éventuelle nocivité du vapotage, on en vient à oublier que le principe de base du vapotage est de réduire les méfaits du tabagisme chez les fumeurs qui sont exposés à répétition aux toxiques du tabac.

Une étude récente de l’Institut Pasteur permet de bien visualiser ce potentiel de réduction des méfaits. Dans cette étude, les scientifiques ont comparé la présence de deux grandes classes de toxiques (composés carbonylés et hydrocarbures aromatiques) dans les aérosols provenant de cigarettes fumées, de tabac chauffé (IQOS, voir notre article à ce sujet) et les cigarettes électroniques. Les résultats sont vraiment impressionnants : pour les 19 carbonylés et 23 hydrocarbures aromatiques testés, la cigarette électronique choisie pour l’étude (dispositif avec réservoir à grande capacité, utilisé à puissance maximale) permet une réduction de 99,8 et 98,9 % de ces toxiques comparativement à la cigarette de tabac (Figure 1).  L’IQOS (tabac chauffé) est elle aussi moins toxique que la cigarette, avec des réductions de 85 % et de 96 % de la concentration de ces toxiques, mais ces diminutions demeurent néanmoins inférieures à celles observées avec la cigarette électronique, en accord avec des études précédentes.

Figure 1. Contenu des composés carbonylés (A) et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) (B) dans les aérosols produits par la cigarette, le tabac chauffé et la cigarette électronique. Notez la réduction drastique de ces deux classes de toxiques dans la vapeur de cigarette électronique comparativement à la fumée de tabac. Tiré de Dusautoir et coll. (2020).

Les chercheurs ont par la suite comparé la toxicité des différentes formes de cigarettes en mesurant la viabilité de cellules épithéliales bronchiques suite à une exposition répétée à des bouffées d’aérosols générés par la cigarette, le tabac chauffé et la cigarette électronique. Comme le montre la Figure 2, l’exposition des cellules à seulement 2 bouffées provenant d’une cigarette est suffisante pour tuer la moitié des cellules et aucune cellule résiduelle n’est détectable après avoir été en contact avec 10 bouffées de fumée. Le tabac chauffé permet de réduire significativement cette toxicité (40 bouffées sont nécessaires pour tuer la moitié des cellules et une centaine pour les éliminer complètement), mais c’est encore ici la cigarette électronique qui est de très loin la moins toxique, avec la totalité des cellules qui demeurent vivantes, même après une exposition à 120 bouffées de l’aérosol.

Figure 2. Viabilité des cellules épithéliales bronchiques après une exposition répétée aux aérosols provenant d’une cigarette régulière, de tabac chauffé ou d’une cigarette électronique. Notez la grande toxicité de la cigarette, qui provoque 50 % de mortalité après l’exposition des cellules à seulement 2 bouffées de fumée, tandis que les cellules demeurent viables même après avoir été en contact à 120 bouffées d’aérosol provenant de la cigarette électronique.  Tiré de Dusautoir et coll. (2020).

Une autre étude montre que cette diminution très importante de toxicité est également observée pour la Juul,  la cigarette électronique qui a récemment accaparé la majorité du marché des cigarettes électroniques (voir notre article à ce sujet).   Comparativement à la cigarette traditionnelle, la vapeur générée par la Juul contient près de 100 % moins de monoxyde de carbone et de composés carbonylés comme l’acétaldéhyde, le formaldéhyde et l’acroléine (un irritant majeur de la fumée de cigarette) (Tableau 1). Des résultats similaires ont également été rapportés dans une autre étude. Ces données sont importantes, car la Juul est particulièrement populaire auprès des jeunes vapoteurs : contrairement à ce qu’on entend souvent, la très grande majorité des jeunes (>99 %) qui vapotent régulièrement sont des fumeurs occasionnels ou réguliers et ces personnes peuvent donc réduire substantiellement leur exposition aux toxiques du tabac en vapotant. De plus, des données récentes indiquent que la nicotine absorbée par l’entremise de cigarettes électroniques est moins addictive que lorsqu’elle provient de la combustion du tabac, ce qui diminue le risque de développer une dépendance à plus long terme.

Tableau 1. Concentration de certains composés toxiques présents dans la fumée de cigarette ou dans la vapeur générée par la cigarette électronique Juul.   Tiré de Son et coll. (2020).

Il est bon de rappeler que l’objectif ultime de la lutte au tabac est de réduire l’incidence des maladies liées au tabagisme, en particulier les maladies cardiovasculaires et le cancer du poumon. Pour y arriver, l’abstinence totale est souhaitable, mais il faut tenir compte du grand nombre de personnes qui sont incapables d’arrêter de fumer par elles-mêmes ou en utilisant les outils de sevrage actuels et demeurent par conséquent à risque de mourir prématurément.  Selon mon expérience clinique des dix dernières années, la cigarette électronique est le substitut nicotinique le plus apprécié par les fumeurs et représente pour plusieurs d’entre eux la seule approche qui leur permet de réussir à quitter définitivement le tabac.  Au lieu de chercher constamment à discréditer ces dispositifs, comme c’est le cas actuellement, on devrait plutôt les voir comme une innovation technologique qui peut grandement contribuer à la lutte aux maladies causées par le tabagisme et informer clairement les fumeurs des bénéfices qui sont associés à la transition vers le vapotage.

 

Le tabagisme continue de diminuer chez les jeunes

Le tabagisme continue de diminuer chez les jeunes

EN BREF

  • Le pourcentage de jeunes Canadiens de 16-19 ans qui fument régulièrement la cigarette a continué à diminuer entre 2017 et 2019, passant de 3,8 à  2,3 %.
  • Cette baisse du tabagisme juvénile est corrélée avec une utilisation accrue de la cigarette électronique, la proportion de jeunes ayant vapoté au moins une fois dans leur vie passant  de 29 à 41 % durant cette période.
  • Ces vapoteurs sont cependant très majoritairement des fumeurs occasionnels ou réguliers, ce qui suggère que la cigarette électronique représente une alternative à la cigarette traditionnelle et contribue à la baisse du tabagisme observée chez les jeunes.

Un des plus grands succès de la lutte au tabac des 20 dernières années est la baisse importante du tabagisme chez les jeunes adolescents. Comme nous l’avons mentionné dans un autre article, alors que près de 25 % des jeunes du secondaire 5 fumaient quotidiennement la cigarette au début des années 2000, cette proportion se situe maintenant aux environs de 2 %. Cette baisse drastique du tabagisme juvénile est d’une importance capitale, car plus de 90 % des fumeurs réguliers adultes ont commencé à fumer avant l’âge de 18 ans, durant la période d’expérimentation de l’adolescence. Un si faible taux de tabagisme chez les jeunes se traduira donc nécessairement par une réduction importante du nombre d’adultes fumeurs au cours des prochaines années et par une baisse de l’incidence des nombreuses maladies causées par le tabac, ce qui représente l’objectif ultime de la lutte au tabac.

Ces bonnes nouvelles sont pourtant rarement mentionnées : au lieu de célébrer cette baisse du tabagisme juvénile, on s’est plutôt beaucoup plus attardé à l’apparition récente d’une nouvelle tendance, soit l’augmentation du nombre de jeunes qui ont expérimenté la cigarette électronique au cours des dernières années.  Selon une étude récente réalisée par le groupe du Dr David Hammond, l’utilisation de la cigarette électronique est effectivement en hausse chez les jeunes Canadiens, avec environ 41 % des 16-19 ans qui ont essayé au moins une fois ces produits, comparativement à 29 % en 2017 (Figure 1).  Cette augmentation est corrélée avec l’apparition sur le marché des cigarettes électronique de type Juul, des dispositifs extrêmement attrayants, faciles d’utilisation et qui permettent l’absorption d’une quantité importante de nicotine (voir notre article sur le sujet).

Figure 1. Fréquence d’utilisation des cigarettes électroniques par les jeunes de 16-19 ans. Adapté de Hammond et coll. (2020). Notez que les non-fumeurs représentent moins de 1 % du total des vapoteurs.

Il est cependant important de noter que la grande majorité de ce vapotage est de nature expérimentale : si près de la moitié des jeunes ont utilisé au moins une fois dans leur vie ces produits, cette proportion diminue à 18 % durant le dernier mois, 12 % au cours de la dernière semaine, pour finalement atteindre un peu plus de 5 % de vapoteurs réguliers (20 fois ou plus dans le dernier mois). L’utilisation quotidienne de la cigarette électronique est donc un phénomène encore assez peu répandu chez les jeunes et n’atteint certainement pas des proportions « épidémiques », comme on entend souvent dire. Non seulement les vapoteurs réguliers demeurent très minoritaires, mais ce sont aussi pour la plupart (plus de 85 %) des jeunes qui fument déjà la cigarette de façon occasionnelle ou régulière. Les jeunes qui n’ont jamais fumé de cigarettes représentent quant à eux moins de 15 % des vapoteurs réguliers, ce qui correspond à moins de 1 % de l’ensemble des vapoteurs (Figure 1, rectangle rouge).

Dans l’ensemble, ces résultats dressent un portrait beaucoup plus nuancé du phénomène du vapotage chez les jeunes que ce qu’on entend régulièrement dans les médias : la très grande majorité de ceux qui veulent expérimenter l’effet du tabac se tourne désormais vers de nouvelles formes de nicotine comme les cigarettes électroniques, mais même dans ce cas, les utilisateurs réguliers de ces produits demeurent assez peu nombreux, et sont pour la plupart des jeunes qui sont à la base attirés par le tabac.

Au départ, la principale préoccupation soulevée par l’utilisation accrue de la cigarette électronique par les jeunes est qu’elle pourrait entrainer une recrudescence du tabagisme dans cette population.  Ce n’est manifestement pas le cas : le nombre de jeunes fumeurs continue de baisser chaque année, même depuis l’arrivée sur le marché de la cigarette électronique, et des études indiquent même que ces produits ont entrainé une accélération de ce déclin du taux de tabagisme.  L’étude mentionnée plus tôt observe le même phénomène, c’est-à-dire que la hausse de vapotage observée au cours des deux dernières années au Canada est directement corrélée avec une diminution importante (40 %) du tabagisme chez les jeunes (Figure 2).  Figure 2. La hausse du pourcentage de jeunes vapoteurs est corrélée avec une diminution du pourcentages de jeunes fumeurs. Tiré de Hammond et coll. (2020).

Au lieu d’être une porte d’entrée vers le tabac comme on le craignait au départ, la cigarette électronique semble donc plutôt représenter une alternative à la cigarette traditionnelle.  L’abandon par les jeunes de la cigarette au profit de cette nouvelle technologie n’est pas tellement étonnant si l’on considère l’odeur désagréable de la cigarette, les prix exorbitants du tabac et l’interdiction de fumer dans la quasi-totalité des lieux publics. Dans un tel contexte, il est difficile de concevoir pourquoi un utilisateur de cigarette électronique pourrait être tenté de se tourner vers les produits de tabac conventionnels.

Évidemment, tout le monde s’entend pour dire qu’il serait préférable que les jeunes n’utilisent ni cigarette électronique, ni tabac.  Mais si on part du principe que l’adolescence est une période intense d’expérimentation, il est grandement préférable que cette expérimentation des effets de la nicotine se fasse sous la forme de vapotage que de la cigarette de tabac.

Il faut rappeler que dans une cigarette électronique, le vapoteur inhale un aérosol contenant de la nicotine, mais sans les multiples molécules cancérigènes, le monoxyde de carbone et les particules fines qui sont générées lors de la combustion du tabac (à environ 900 °C). Ce dernier point est le plus important : ce sont les produits de combustion de la cigarette de tabac qui causent les problèmes de santé, et non la nicotine. Cette dernière est une drogue qui crée la dépendance au tabac et qui pousse les personnes à fumer, mais elle n’a pas d’effets majeurs sur la santé et n’est surtout pas responsable des maladies cardiovasculaires, ni du cancer du poumon qui découlent du tabagisme.  Selon l’agence de santé publique britannique, Public Health England, la vapeur générée par les cigarettes électroniques est beaucoup moins toxique que la fumée produite par la combustion du tabac et en conséquence vapoter présente considérablement moins de risque pour la santé que de fumer.

Il faut aussi se rappeler que même si on s’inquiète beaucoup de la hausse du vapotage chez les jeunes, la cigarette électronique ne représente certainement pas la principale menace à leur santé. Par exemple, les sondages réalisés aux États-Unis indiquent que plus de 15 % des jeunes du secondaire boivent régulièrement de grandes quantités d’alcool (binge drinking), un comportement extrêmement nocif et qui est associé à un risque accru d’accidents, de violence et de plusieurs maladies graves (AVC, cirrhose, cancer).  Même si la consommation d’alcool est plus acceptée socialement que celle de cigarettes électroniques, il faut garder en tête que la consommation excessive d’alcool représente une des principales causes de mortalité à l’échelle du globe et est donc beaucoup plus dommageable pour la santé des jeunes que la cigarette électronique. Avant de songer à bannir les produits de vapotage sous prétexte de « protéger nos jeunes », comme on l’entend parfois, il faut donc tenir compte de ces risques relatifs et éviter tout forme de prohibition qui pourrait avoir pour effet de les entrainer vers des produits de tabac combustibles qui eux sont beaucoup plus nocifs pour la santé. Malgré les reportages souvent très alarmistes,  la transition du tabac vers la cigarette électronique est donc une tendance moins inquiétante qu’il n’y parait à première vue et représente un exemple typique de la réduction des méfaits en santé publique .

L’abandon du tabac au profit de la cigarette électronique provoque une amélioration rapide de la santé cardiovasculaire

L’abandon du tabac au profit de la cigarette électronique provoque une amélioration rapide de la santé cardiovasculaire

EN BREF

 

  • 141 fumeurs réguliers ont été soumis à trois traitements différents  : 1) cigarette de tabac (groupe contrôle), 2) cigarette électronique contenant de la nicotine et 3) cigarette électronique ne contenant pas de nicotine. 
  • Un mois plus tard,  les chercheurs ont mesuré la rigidité artérielle et le dysfonctionnement des vaisseaux sanguins, deux importants facteurs de risque de maladies cardiovasculaires.
  • Les résultats montrent que la transition vers la cigarette électronique améliore rapidement la fonction des vaisseaux sanguins, indépendamment de son contenu en nicotine, confirmant l’utilité de ces dispositifs pour la réduction des dommages cardiovasculaires causés par le tabac.

Une étude récemment publiée dans le Journal of the American College of Cardiology confirme l’énorme potentiel de la cigarette électronique pour réduire les dommages cardiovasculaires causés par le tabac combustible.   Dans cette étude clinique randomisée, les chercheurs ont recruté 141 fumeurs réguliers (15 cigarettes et plus par jour pendant au moins deux ans) et les ont séparés de façon aléatoire en 3 groupes distincts : 1) un groupe contrôle, dans lequel les participants ont continué à fumer la cigarette de tabac ; 2) un groupe où les participants ont remplacé la cigarette de tabac par une cigarette électronique contenant de la nicotine (16 mg); et  3) un groupe où les participants ont remplacé la cigarette de tabac par une cigarette électronique ne contenant pas de nicotine.  Pour mesurer l’impact des différents traitements sur la santé cardiovasculaire, les chercheurs ont mesuré au début de l’étude et 1 mois plus tard la rigidité artérielle et le dysfonctionnement des vaisseaux sanguins, deux importants facteurs de risque de maladies cardiovasculaires.

Cette approche a permis de mesurer 5 grands changements positifs associés à la substitution de la cigarette de tabac par la cigarette électronique :

1) La transition vers la cigarette électronique améliore rapidement la fonction des vaisseaux sanguins.  La fonction de l’endothélium (la fine couche de cellules qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins) a été évaluée par la vasodilatation médiée par le flux (flow-mediated dilatation), une technique qui mesure la capacité de ces vaisseaux à se dilater.  Une augmentation de la vasodilatation permet un meilleur apport d’oxygène aux tissus périphériques et est considérée comme un excellent marqueur de la santé des vaisseaux sanguins.

Les chercheurs ont observé que la vasodilatation médiée par le flux est augmentée significativement seulement 1 mois après la substitution de la cigarette de tabac par la cigarette électronique, indépendamment de la présence de nicotine (Figure 1).  La hausse observée (environ 1,5%) peut sembler à première vue minime, mais plusieurs études ont montré qu’une augmentation de seulement 1 % de la vasodilatation médiée par le flux est associée à une diminution de 13 % du risque d’événements cardiovasculaires. Selon les auteurs, les valeurs de vasodilatation observées s’approchent même de celles de non-fumeurs en bonne santé, ce qui montre à quel point la transition vers la cigarette électronique a eu rapidement des effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire des fumeurs.

Figure 1. Comparaison des variations de la vasodilatation médiée par le flux sanguin observées chez les fumeurs de cigarettes et ceux de cigarettes électroniques.

 

2) La rigidité artérielle est réduite suite à la transition vers la cigarette électronique.

La rigidité artérielle a été évaluée à l’aide de la vitesse d’onde de pouls (pulse wave velocity), une technique qui mesure la vitesse à laquelle le pouls se propage le long des artères.  Plus les artères sont rigides, moins elles ont la capacité à se contracter et à se dilater à la suite de variations de volume sanguin et donc plus la vitesse de propagation de l’onde de pouls est élevée.  Une réduction de la vélocité doit donc être considérée comme un signe d’amélioration de la santé des vaisseaux.

C’est d’ailleurs ce qui a été observé chez les fumeurs qui avaient fumé l’équivalent d’un paquet de 20 cigarettes par jour pendant moins de 20 ans (<20 paquets-années) :  la mesure de la vitesse d’onde de pouls chez ces personnes indique une baisse significative de la rigidité des artères suite à la transition vers la cigarette électronique (avec ou sans nicotine).  Ce phénomène n’est cependant pas observé chez les fumeurs qui fument depuis plus longtemps (>20 paquets-années), ce qui pourrait suggérer que chez ces personnes, les dommages causés par le tabac sur l’élasticité des artères sont plus prononcés et n’ont pu être atténués en seulement 1 mois d’intervention.

3) Les femmes peuvent particulièrement bénéficier de la transition vers la cigarette électronique.  Une analyse des résultats selon le sexe des fumeurs indique que l’amélioration de la vasodilatation médiée par le flux obtenue suite à l’adoption de la cigarette électronique semble plus prononcée chez les fumeuses que les fumeurs.  Ceci est très important, car les femmes qui fument sont beaucoup plus à risque de développer des problèmes de santé liés au tabagisme que les hommes, avec presque 3 fois plus de risque de développer un cancer du poumon et 2 fois plus de risque de subir un infarctus du myocarde. Avec actuellement environ 200 millions de femmes  qui fument la cigarette dans le monde, le potentiel de réduction des dommages par la cigarette électronique dans cette population est donc considérable.

4) Plus la transition vers la cigarette électronique est complète, meilleur est son impact sur la santé des vaisseaux sanguins.

Un test facile pour déterminer si une personne a récemment fumé une cigarette de tabac est de mesurer le taux de monoxyde de carbone (CO) expiré.  Les auteurs ont observé que les participants qui avaient les plus faibles taux de CO étaient aussi ceux qui présentaient les plus fortes améliorations de la fonction des vaisseaux sanguins, ce qui suggère que les effets positifs observés dans l’étude auraient été encore plus prononcés si tous les fumeurs avaient utilisé exclusivement la cigarette électronique.  Malgré tout, l’amélioration notable de la santé des vaisseaux, même chez ceux qui « trichent » de temps à autre, indique que toute diminution de la consommation de tabac, même si elle n’est pas totale, est positive pour la santé.

5) La présence de nicotine n’a pas d’influence sur les bénéfices de la cigarette électronique. Aucune différence sur les bénéfices cardiovasculaires n’a pu être observée entre les cigarettes électroniques contenant ou non de la nicotine, ce qui est en accord avec plusieurs observations montrant que ce sont les produits de combustion du tabac, et non la nicotine, qui sont responsables des effets négatifs du tabagisme. Bien entendu, la nicotine est la drogue qui crée la dépendance au tabac et incite les personnes à fumer, mais elle n’a pas d’effets majeurs sur la santé et n’est surtout pas responsable des maladies cardiovasculaires ni du cancer du poumon qui découlent du tabagisme.

Globalement, il faut saluer cette étude qui se démarque de plusieurs autres par sa rigueur scientifique et sa pertinence clinique. Récemment, les médias ont fait beaucoup état d’études qui prétendent montrer que la vapeur générée par la cigarette électronique exerce des effets néfastes sur la santé, certains allant jusqu’à dire qu’elle est aussi néfaste que la cigarette.  Ce que les comptes rendus médiatiques ne disent pas, par contre, c’est que ces études présentent la plupart du temps de graves lacunes méthodologiques qui invalident complètement leurs conclusions. Par exemple, quelques jours avant la publication de l’article décrit ici, un résumé présenté au congrès annuel de l’American Heart Association rapportait que la cigarette électronique avait un effet inverse sur la fonction des vaisseaux sanguins, c’est-à-dire qu’elle diminuait la vasodilatation médiée par le flux. Cependant, ces paramètres ont été mesurés immédiatement après l’inhalation de la vapeur, ce qui ne permet absolument pas de faire de telles conclusions : à peu près tout ce qui est stimulant (caféine, relation sexuelle, l’alcool ou même certains aliments) provoque ce type de réponse aiguë à court terme, mais cet effet est transitoire et n’a pas d’impact à plus long terme. C’est seulement lorsque des anomalies de la fonction des vaisseaux sanguins se produisent sur de longues périodes (comme dans l’étude mentionnée décrite plus tôt) qu’elles peuvent servir de marqueur d’un risque futur d’événements cardiovasculaires.

Un autre bon exemple de désinformation sur les effets de la cigarette électronique est une étude prétendant montrer une hausse du risque de crise cardiaque chez les vapoteurs : un examen attentif des données indique pourtant que la majorité des infarctus rapportés dans l’étude se sont produits avant l’adoption du vapotage par les participants et ne peuvent donc pas être dus à la cigarette électronique !  Puisque les vapoteurs sont en général des ex-fumeurs, la hausse d’infarctus observée chez les vapoteurs est simplement due au fait que ces personnes ont abandonné le tabac après avoir été malades et utilisent maintenant la cigarette électronique pour éviter une récidive.   Il est donc consternant de voir que ce type d’études, qui ne respectent même pas les règles de base de la démarche scientifique, soient actuellement utilisées comme prétexte pour avancer que la cigarette électronique est aussi dangereuse que la cigarette de tabac et créer du même coup un climat de méfiance envers ces dispositifs.

Le principal danger du climat anti-vapotage actuel est de diminuer le nombre de fumeurs qui font le saut vers la cigarette électronique.  Je le vois déjà dans ma pratique : des patients qui s’étaient sevrés du tabac grâce au vapotage ont recommencé à fumer, alors que d’autres sont réticents à essayer la cigarette électronique.  Dans les deux cas, la raison invoquée est la même : si vapoter est aussi mauvais que fumer, pourquoi faire la transition ? On peut donc voir que les campagnes de désinformation peuvent avoir des conséquences réelles pour la vie des gens et même littéralement faire la différence entre la vie et la mort chez certains d’entre eux.

Il est bon de rappeler que l’objectif ultime de la lutte au tabac est de réduire l’incidence des maladies liées au tabagisme, en particulier les maladies cardiovasculaires et le cancer du poumon.  Même si en théorie l’abstinence totale est souhaitable pour atteindre cet objectif (on ne peut être contre la vertu), la réalité demeure qu’un grand nombre de personnes sont incapables d’arrêter de fumer en utilisant les outils de sevrage actuels et demeurent par conséquent à risque de mourir prématurément.  L’intérêt de la cigarette électronique est qu’elle permet à ces personnes de réduire considérablement leur exposition aux nombreuses substances toxiques de la fumée de cigarette, avec des répercussions positives immédiates sur leur santé.  De plus, non seulement la cigarette électronique est moins toxique que le tabac, mais une étude clinique randomisée publiée récemment dans le prestigieux New England Journal of Medicine montre qu’elle peut être très utile pour le sevrage tabagique, avec une efficacité deux fois plus grande que les approches traditionnelles à base de substituts nicotiniques. Au lieu de chercher par tous les moyens à « diaboliser » la cigarette électronique, il faudrait donc plutôt voir ces dispositifs comme une innovation technologique très intéressante qui ajoute une nouvelle dimension à la lutte au tabac.

On doit donc espérer que les études sérieuses, comme celle décrite ici, vont parvenir à mettre un terme aux campagnes actuelles de désinformation et rappeler aux fumeurs que la cigarette électronique beaucoup moins nocive que le tabac et peut grandement les aider à quitter définitivement la cigarette.

Je tiens à préciser que je ne reçois aucune rémunération de la part des compagnies et des boutiques qui vendent des cigarettes électroniques. Je ne reçois pas non plus  d’honoraires comme conférencier ou consultant de la part de compagnies pharmaceutiques, en particulier celles qui fabriquent des produits pour cesser de fumer, et ce, contrairement à de nombreux médecins et scientifiques très critiques des cigarettes électroniques.

 

Le point sur les cas récents  de maladies pulmonaires graves liées au vapotage

Le point sur les cas récents de maladies pulmonaires graves liées au vapotage

L’apparition soudaine de plusieurs cas de maladies pulmonaires graves chez de jeunes vapoteurs américains génère actuellement énormément de confusion sur les dangers liés à l’utilisation de la cigarette électronique.  Un article récemment publié sur le site du BMJ Tobacco Control fait une excellente mise au point de l’état actuel des connaissances sur ce phénomène et montre que la réaction démesurée des autorités sanitaires face au vapotage pourrait s’avérer contre-productive si elle empêche les fumeurs de faire la transition vers la cigarette électronique.  Une traduction libre de l’article original est publiée ci-bas.

En avril 2019, un premier cas de lésion pulmonaire extrêmement inhabituelle est apparu aux États-Unis, suivi rapidement par d’autres cas similaires. Les patients se sont d’abord présentés pour un traitement médical avec une forme de pneumonie lipoïde. Les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), la Food and Drug Administration (FDA) et de nombreux départements de la santé des États ont commencé leurs enquêtes en juillet. À la fin de la deuxième semaine de septembre, l’épidémie comptait 380 cas probables et six décès, principalement parmi les jeunes. L’infection a rapidement été écartée comme cause et un ou plusieurs agents chimiques inconnus ont été jugés comme la cause probable. Il est rapidement devenu évident que les cas étaient tous étroitement liés à l’utilisation de dispositifs électroniques de «vapotage».

À ce jour, la plupart des cas ont été confinés aux États-Unis (au moins un cas a été signalé au Canada). Étant donné que le vapotage est répandu à l’échelle internationale depuis environ une décennie, cela semble être un nouveau risque associé à la cigarette électronique.

Récemment, les dispositifs de vapotage ont été utilisés ou modifiés pour permettre de vaporiser d’autres liquides, y compris des produits dérivés du cannabis, tels que le tétrahydrocannabinol (THC). Dans le cas des produits à base de cannabis, le liquide vecteur est généralement une huile, contrairement aux liquides utilisés pour vaporiser la nicotine, qui sont solubles dans l’eau. Vapoter des huiles de cannabis, aussi appelé « dabbing », est un phénomène croissant qui pourrait être accéléré par la légalisation du cannabis dans de nombreuses juridictions.

L’enquête sur l’épidémie menée par le ministère de la Santé de l’État de New York est actuellement focalisée sur les liquides de type « dabs » sans licence (ou «bootleg») contenant de l’acétate de vitamine E, couramment utilisé pour diluer le THC tout en épaississant le liquide pour dissimuler la dilution. L’analyse des produits de vaporisation associés aux cas de lésions pulmonaires détectées dans l’État de New York  a révélé dans tous les cas la présence d’au moins un produit à base de cannabis contenant de l’acétate de vitamine E. D’autres états ont également établi que les personnes touchées par les maladies pulmonaires avaient toutes en commun d’avoir acheté des cartouches de vaporisateur de cannabis auprès de vendeurs sur le marché noir.

Dans la mesure où l’acétate de vitamine E, et potentiellement d’autres contaminants similaires, est considéré comme le principal agent responsable des cas de maladies pulmonaires qui frappent actuellement la population américaine, on pourrait s’attendre à ce que les agences de santé publique insistent sur le risque exceptionnellement élevé de vapotage de produits de cannabis piratés, et de recommander aux consommateurs de cesser d’utiliser ces produits. Telle était l’approche adoptée par la FDA dans un avis aux consommateurs publié le 7 septembre:

« Étant donné que les consommateurs ne peuvent pas savoir si les produits de vapotage de THC peuvent contenir de l’acétate de vitamine E, ils doivent éviter d’acheter des produits de vapotage dans la rue et s’abstenir d’utiliser de l’huile de THC ou de modifier / ajouter des substances aux produits achetés en magasin. »

En revanche, les déclarations des CDC aux médias ont élargi la recommandation à l’ensemble des dispositifs de cigarettes électroniques:

« Pendant que cette enquête est en cours, les gens ne devraient pas utiliser de produits de cigarette électronique », a déclaré Dana Meaney-Delman du CDC dans un appel vendredi. Cette recommandation générale tient au fait qu’il existe «une diversité de produits» liés aux cigarettes électroniques, certaines contenant du THC ou du tétrahydrocannabinol, le principal composant psychoactif de la marijuana, et d’autres contenant de la nicotine ».

Layden et coll. ont résumé les raisons pour lesquelles la CDC avait conseillé de recommander l’abstinence de TOUTES les formes de vapotage, y compris le vapotage de nicotine. Ils ont écrit:

«Il a été démontré que les liquides et les aérosols de cigarettes électroniques contiennent une variété de composants chimiques pouvant avoir des effets néfastes sur la santé. Les principaux composants déclarés dans les cigarettes électroniques à base de nicotine incluent le propylène glycol et la glycérine, en plus de la nicotine. Les contaminants identifiés comprennent les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les nitrosamines, les produits chimiques organiques volatils et les produits chimiques inorganiques tels que les métaux toxiques. Des endotoxines et des composés aromatisants tels que le diacétyle et la 2,3-pentanedione [NB: deux composants naturels du beurre, présents naturellement dans le tabac et utilisés comme additifs dans les cigarettes et les liquides électroniques] ont également été découverts.  »

Un avertissement sanitaire urgent couvrant tous les produits de vapotage, y compris les produits à base de nicotine de fabrication commerciale, est-il justifié? Pourtant, personne n’a apporté d’arguments crédibles sur les risques du vapotage pour la santé associés à l’un des produits chimiques énumérés ci-dessus, qui sont d’ailleurs présents dans les vapeurs à des niveaux bien inférieurs à ceux de la fumée de cigarette. Il est probable que la présence de ces produits chimiques dans la vapeur peut comporter à long terme un risque pour la santé, mais il ne semble pas plausible que des expositions à des niveaux inférieurs à ceux retrouvés dans la fumée du tabac puissent être responsables du syndrome respiratoire aigu sévère observé actuellement.

La priorité en matière de santé publique devrait être de décourager l’utilisation de produits piratés, en particulier ceux liés aux produits de cannabis vaporisés. À notre avis, l’objectif consistant à prévenir d’autres cas de lésion pulmonaire a bien plus de chances d’être atteint avec une approche ciblée excluant les causes improbables, plutôt qu’avec l’approche globale « ne pas vaper» des CDC. Inclure les personnes qui risquent peu d’être exposées à un risque aigu est à la fois moralement discutable et susceptible de saper la crédibilité qui est essentielle pour que des agences comme CDC soient efficaces.

La réponse des autorités d’autres pays est encore plus difficile à comprendre. Par exemple, à notre connaissance, aucun cas de pneumonie lipoïde liée à un vapotage n’a été signalé en Australie. Cependant, les Chief Medical Officers australiens ont publié une déclaration commune sur l’épidémie du 13 septembre, qui contenait une mise en garde générale contre le vapotage sous toutes ses formes, affirmant que «quiconque utilise des produits de cigarette électronique ou les liquides est potentiellement menacé ».

Bien que le fait de ne pas fumer ou de vapoter soit l’option la plus sûre, de nombreux fumeurs ont absolument besoin de vapoter pour parvenir à cesser de fumer.  Si elles tiennent compte des avertissements d’arrêter de vapoter, ces personnes fortement dépendantes de la nicotine peuvent donc rapidement recommencer à fumer.  Ce qui causera beaucoup plus de dommages que le vapotage.

 

Baisse marquée du taux de tabagisme chez les jeunes (contrairement à ce que disent les manchettes)

Baisse marquée du taux de tabagisme chez les jeunes (contrairement à ce que disent les manchettes)

Au cours des dernières années, on a beaucoup fait état de la hausse marquée de l’utilisation des cigarettes électroniques par les jeunes, une tendance qui s’est récemment accentuée avec l’arrivée sur le marché de la Juul (voir notre article à ce sujet).  Le ton souvent alarmiste qui accompagne les comptes-rendus de ces études laisse entendre que le vapotage atteint actuellement des proportions « épidémiques » et pose une grave menace pour la santé des jeunes en risquant de les entrainer vers la cigarette traditionnelle.

Ces craintes sont sans doute de bonne foi, mais elles ne correspondent pas du tout aux résultats des enquêtes sérieuses qui ont été réalisées au cours des dernières années, notamment en ce qui concerne les taux de tabagisme chez les jeunes.

Le tabagisme est en chute libre chez les jeunes.  On en parle très peu, mais une des tendances les plus encourageantes dans la lutte au tabac est la baisse marquée du tabagisme chez les jeunes observée au cours des dernières années. Un des meilleurs exemples de cette réduction est fournie par l’enquête « Monitoring the future », une grande étude épidémiologique menée depuis 1975 par des chercheurs de l’université du Michigan, qui mesure annuellement la prévalence des utilisateurs de différentes drogues par les étudiants américains de niveau secondaire.  Comme l’illustre la Figure 1, alors que le tabagisme juvénile a atteint un pic en 1997 avec 37 % des jeunes du 12th grade (l’équivalent de notre secondaire 5) qui fumaient occasionnellement et 25 % qui fumaient quotidiennement, ces proportions ont considérablement chuté depuis pour atteindre 7,6 et 2 %, respectivement, en 2018.  Une tendance similaire est observée au Canada, avec environ 3,5 % des jeunes de 12-17 ans qui étaient fumeurs (occasionnels ou réguliers) en 2017, une baisse de 25 % comparativement à 2013 (4,6 %). Il faut aussi noter que selon les dernières données de Statistique Canada, la proportion des Canadiens âgés de 12-17 ans qui fumaient quotidiennement la cigarette n’était plus que de 0,9 % en 2018.

Figure 1.  Évolution de la proportion de fumeurs chez les étudiants américains de secondaire 5 de 1975 à nos jours.  Adapté de Bates (2019).

 

L’arrivée sur le marché des cigarettes électroniques peut-elle renverser ces tendances, comme plusieurs le craignent ?  On a fait beaucoup état de certaines études (ici,ici et ici, par exemple) qui rapportaient que les adolescents qui ont essayé la cigarette électronique sont plus susceptibles de fumer une cigarette de tabac que ceux qui n’ont jamais été en contact avec la cigarette électronique.  Mais comme l’ont fait remarquer plusieurs experts, cette interprétation n’est pas valable scientifiquement, car il est impossible d’établir un lien de cause à effet entre les deux phénomènes : un jeune attiré par le tabac va expérimenter plusieurs formes disponibles, sans que cela signifie que l’essai de l’une le pousse vers une autre.

Pour déterminer l’impact de la cigarette électronique, la meilleure mesure demeure d’examiner l’évolution du tabagisme juvénile.  Et de ce côté, les résultats sont rassurants :  même si ces produits sont apparus relativement récemment (vers 2010), les données disponibles suggèrent qu’ils n’ont pas eu d’impacts négatifs sur l’adoption de la cigarette par les jeunes : aux États-Unis, par exemple, le taux d’abandon du tabac est 3 à 4 fois plus élevé entre 2010 et maintenant qu’entre la période de 1975 à 2010, ce qui suggère que la cigarette électronique aurait au contraire accéléré la diminution du tabagisme chez les jeunes (Figure 1).  Il faut aussi noter que la Juul est disponible depuis 2015 aux États-Unis et a depuis conquis la majeure partie du marché de la cigarette électronique, sans que cela se traduise pour autant par une recrudescence du tabagisme juvénile.  Les données sont également rassurantes du côté de l’Angleterre, où la cigarette électronique est disponible depuis plusieurs années : le taux de tabagisme est en baisse constante depuis 2011 et la plus forte diminution est justement observée chez les 18-24 ans.

Selon les données actuellement disponibles, la crainte que le vapotage mène au tabagisme semble donc totalement non fondée.  Au contraire, il semble plutôt que le vapotage représente une alternative de plus en plus populaire à la cigarette traditionnelle et pourrait même à court et moyen terme remplacer les produits de tabac conventionnels. Ceci est très encourageant, car il est clairement établi que la vapeur de cigarette électronique est beaucoup moins nocive que la fumée de cigarette, notamment en raison d’une diminution très importante de la présence de composés cancérigènes.

Les vapoteurs réguliers sont généralement des fumeurs.  Une étude révélait récemment que la proportion de jeunes utilisateurs de cigarette électronique avait considérablement augmentée au Canada, passant de 29 à 37 %. À première vue, cela peut sembler effectivement énorme, et c’est d’ailleurs ce type de statistiques qui est à l’origine des inquiétudes formulées par les critiques du vapotage.

Il est toutefois important de savoir que dans ce type d’études, un individu est considéré comme étant fumeur ou vapoteur s’il a utilisé ces produits au moins une fois (ever user en anglais) au cours d’une période donnée (le dernier mois, par exemple) ou encore au cours de sa vie.  Cette approche ne parvient donc pas à distinguer les utilisateurs occasionnels de ceux qui fument ou vapotent régulièrement.  Pour faire une analogie simple, c’est un peu comme si une étude portant sur le jeu pathologique considérait que les personnes qui achètent un billet de loterie de temps à autre appartiennent à la même catégorie que celles qui vont au casino chaque jour. Ce n’est évidemment pas le cas : c’est le développement d’une dépendance envers une substance (tabac, alcool, drogues, opiacés) ou une activité (le jeu excessif, par exemple) qui pose des risques, alors qu’une utilisation occasionnelle s’apparente beaucoup plus une expérimentation, un phénomène qui est particulièrement fréquent chez les jeunes.

D’ailleurs, lorsque l’on tient compte de la fréquence de vapotage et des habitudes de consommation de tabac, la situation est beaucoup moins préoccupante. Comme le montre la Figure 2,  la grande majorité des jeunes ne vapotent qu’occasionnellement (seulement 3,6 % des jeunes de 16-19 ans vapotaient plus de 15 jours par mois selon les dernières estimations); 2) ce sont majoritairement des jeunes qui fument la cigarette (régulièrement ou occasionnellement) qui sont attirés par ces produits et 3)  seule une infime proportion des non-fumeurs (moins de 1 %) vapotent régulièrement.

Figure 2. Distribution des vapoteurs selon la fréquence et les habitudes de consommation de tabac. Notez le très faible pourcentage de jeunes non-fumeurs qui vapotent régulièrement (flèche). Tiré de Hammond et coll. (2019).

La situation n’est donc pas « hors de contrôle », comme on l’entend régulièrement, mais reflète plutôt une nouvelle réalité :  la cigarette traditionnelle n’a plus tellement la cote auprès des jeunes, possiblement en raison des prix exorbitants et de l’interdiction de fumer dans la quasi-totalité des lieux publics.  La grande majorité de ceux qui veulent expérimenter l’effet du tabac se tourne désormais vers de nouvelles formes de nicotine comme les cigarettes électroniques, mais même dans ce cas, les utilisateurs réguliers de ces produits demeurent assez peu nombreux, et sont pour la plupart des jeunes qui sont à la base attirés par le tabac ou enclins à adopter des comportements plus à risque en général.  Ce dernier point est bien illustré par une étude réalisée au Colorado, où les chercheurs ont observé que les vapoteurs sont de 5 à 10 fois plus susceptibles d’avoir déjà utilisé dans leur vie des drogues dures comme la cocaine ou de boire régulièrement des quantités excessives d’alcool que les non-vapoteurs (Tableau 1).

Tableau 1.  Comparaison de la prévalence de comportements à risque entre les vapoteurs et non-vapoteurs. Tiré de Ghosh et coll. (2019)

Dans l’ensemble, et quoiqu’en disent les manchettes sensationnalistes des dernières années, on doit donc considérer que la cigarette électronique ne représente pas une menace aux énormes progrès que nous avons faits dans la lutte au tabac. Au contraire, les vapoteurs réguliers sont très majoritairement des fumeurs et l’adoption de ces produits permet donc de réduire substantiellement les risques associés à la fumée de cigarette. Si l’on se fie aux très faibles pourcentages de non-fumeurs qui vapotent régulièrement, il semble également que la vapeur de nicotine entraine une dépendance moindre que la cigarette traditionnelle et il est très peu probable qu’elle puisse servir de porte d’entrée vers le tabac.

Il ne faudrait pas non plus oublier que la principale utilité de la cigarette électronique demeure de représenter un des meilleurs moyens pour cesser de fumer, avec une efficacité deux fois plus élevée que celle obtenue avec les substituts nicotiniques. Les britanniques ont depuis longtemps reconnu l’utilité de la cigarette électronique dans la lutte au tabac et, chose difficile à imaginer ici, ont même fait de ces produits l’emblème des campagnes antitabac (voir la photo).

(Publicité de la Public Health England faisant la promotion de la cigarette électronique pour cesser de fumer)

Un effet collatéral extrêmement dommageable de « l’hystérie » actuelle envers la cigarette électronique est de rendre les fumeurs méfiants à l’égard de ces produits et de se priver du même coup d’une aide précieuse au sevrage tabagique.  Les derniers sondages montrent d’ailleurs une forte augmentation du nombre de fumeurs qui pensent que la cigarette électronique est aussi, sinon plus dommageable que la cigarette traditionnelle.  Il s’agit d’une situation très regrettable, qui montre à quel point le mieux est parfois l’ennemi du bien : en voulant à tout prix empêcher le vapotage chez les jeunes, on est en train de créer un climat qui décourage l’utilisation d’alternatives au tabac infiniment moins dangereuses et qui auraient des répercussions très positives sur la santé des fumeurs.

Évidemment, il faut demeurer vigilant quant à l’utilisation de ces produits par les jeunes et je serai le premier à remettre en question le cadre réglementaire entourant leur mise en marché s’il s’avérait que les cigarettes électroniques modernes (la Juul, par exemple) entrainent une recrudescence du tabagisme chez cette population.  Dans l’état actuel des connaissances, par contre, il y a plusieurs raisons d’être optimiste et de considérer la cigarette électronique comme un outil très prometteur pour diminuer le tabagisme et même, espérons-le, à ultimement provoquer la disparition complète de la cigarette traditionnelle.

La cigarette électronique, un bon outil pour cesser de fumer

La cigarette électronique, un bon outil pour cesser de fumer

Je suggère depuis plusieurs années à mes patients fumeurs de se tourner vers la cigarette électronique pour diminuer les risques cardiovasculaires associés au tabagisme. Comme nous l’avons mentionné dans un autre article, la vaporisation d’une solution de nicotine par ces dispositifs  génère beaucoup moins de composés toxiques que la combustion du tabac et représente donc une alternative valable pour les personnes qui sont dépendantes à la nicotine et désirent réduire les dommages causés par le tabac.

Selon mon expérience clinique, le taux de succès de cette approche est excellent, avec environ 70 % des patients qui cessent de fumer la cigarette, incluant plusieurs personnes qui avaient « tout essayé » auparavant.  Par contre, ces personnes ne sont pas vraiment représentatives du « fumeur moyen », soit parce qu’elles sont très malades et doivent absolument cesser de fumer pour continuer à vivre, soit parce qu’un événement cardiovasculaire leur a donné la frousse de leur vie et qu’elles veulent réduire les probabilités qu’un tel événement se produise à nouveau.

Un essai clinique randomisé, récemment publié dans le New England Journal of Medicine permet de mieux visualiser le potentiel de la cigarette électronique chez les personnes qui désirent cesser de fumer, mais sans y être nécessairement obligés en raison d’une maladie.  Les chercheurs ont contacté 2045 personnes qui avaient entrepris des démarches auprès des services d’aide aux fumeurs offerts gratuitement par le National Health Service (NHS) britannique, et ont assigné au hasard 886 d’entre eux à deux types de protocoles de cessation du tabagisme, soit à l’aide  de la cigarette électronique (439 participants) ou à l’aide des substituts nicotiniques standards (timbres, gommes, vaporisateurs nasal ou buccal et pastilles, seuls ou en combinaison selon la préférence des fumeurs) (447 participants).  Tous les participants ont reçu un support psychologique sous forme de rencontre hebdomadaire personnalisée avec un médecin pendant toute la durée de l’étude.

Les résultats obtenus indiquent que le taux d’abstinence après un an est de 18 % pour les utilisateurs de la cigarette électronique, soit près du double de celui atteint à l’aide des substituts nicotiniques (9,9 %) (Figure 1). Selon les commentaires recueillis auprès des participants, la cigarette électronique procure une plus grande satisfaction et réduit plus efficacement l’urgence de fumer que les substituts nicotiniques, en particulier durant les premières semaines qui suivent l’arrêt du tabagisme, ce qui explique une meilleure adhérence au traitement tout au long de l’étude.  Cette supériorité de la cigarette électronique est particulièrement remarquable étant donné que le traitement à l’aide des substituts nicotiniques utilisés dans cette étude peut être considéré comme étant optimal, c’est-à-dire que les participants avaient accès à un soutien psychologique soutenu ainsi qu’à une vaste gamme de produits distincts capables d’administrer la nicotine de façon soutenue (timbres) ou plus rapidement, pour apaiser les crises aiguës causées par le manque (vaporisateurs). Avec un taux d’abandon du tabac deux fois plus élevé que celui obtenu par les substituts nicotiniques, il semble donc que la cigarette électronique représente une méthode beaucoup plus efficace pour cesser de fumer que ces produits.

Figure 1.  Comparaison des taux d’abstinence envers la cigarette entre les utilisateurs de cigarettes électroniques et de substituts nicotiniques. Adapté de Hajek et coll. (2019).

Ces résultats sont importants, car même si les substituts nicotiniques sont utilisés depuis plusieurs années pour la cessation du tabagisme, le taux de succès de ces produits demeure relativement faible.  Les traitements pharmacologiques avec la varenicline (Champix) ou le bupropion (Zyban) permettent d’améliorer ce taux de réussite, mais ces médicaments peuvent entrainer des effets secondaires très importants (en particulier le Champix), ce qui empêche leur utilisation à grande échelle.  Puisque la cigarette électronique permet d’obtenir un taux de succès supérieur aux substituts nicotiniques et similaire à la varénicline (environ 20%), sans effets secondaires notables, cet outil pourrait devenir un élément incontournable de la lutte au tabac.

Il faut donc souhaiter que les résultats de cette étude parviennent à modifier l’attitude plutôt négative de la communauté médicale envers la cigarette électronique.  En dépit du très grand nombre de données scientifiques montrant que ces produits sont beaucoup moins dangereux pour la santé que la cigarette traditionnelle, la majorité des organismes de lutte au tabac continue de déconseiller l’utilisation de cet outil pour cesser de fumer.

Cette réticence s’explique en grande partie par la peur que la cigarette électronique serve de « porte d’entrée » pour les jeunes vers la cigarette traditionnelle, et compromette ainsi les progrès réalisés depuis 50 ans dans la lutte au tabac.  Cette inquiétude a atteint son paroxysme cette année en raison de la hausse importante des jeunes utilisateurs de cigarettes électroniques aux États-Unis : entre 2017 et 2018, la proportion de jeunes du secondaire ayant utilisé une cigarette électronique dans les 30 derniers jours est passée de 11,7 % à 20,8 %, une augmentation due en majeure partie à l’énorme popularité de la cigarette électronique Juul (voir notre article sur ce nouveau produit).  Par contre, cette hausse du vapotage ne semble pas se traduire par une augmentation de l’usage de la cigarette traditionnelle, car les taux de tabagisme chez les jeunes sont stables (aux environs de 8 %), une proportion de fumeurs beaucoup plus faible qu’il a 25 ans (28,3 % en 1996). Ces données suggèrent donc que très peu de jeunes non-fumeurs vont devenir des fumeurs réguliers suite à l’expérimentation de la cigarette électronique et que ce produit ne semble donc pas représenter une porte d’entrée vers le tabagisme.

En somme, les données actuellement disponibles confirment que la cigarette électronique représente un outil précieux dans la lutte au tabagisme.  Plutôt qu’une « porte d’entrée » vers le tabac, la cigarette électronique pourrait au contraire représenter une « porte de sortie » et il faut souhaiter que la FDA américaine n’aille pas de l’avant avec sa menace de retirer les cigarettes électroniques du marché pour confronter la hausse de vapotage chez les jeunes. Il s’agirait d’une réponse disproportionnée à un problème hypothétique, mais avec des conséquences désastreuses pour les fumeurs qui désirent cesser de fumer.