On estime qu’environ 422 millions d’adultes sont actuellement atteints de diabète de type 2  et que cette maladie représente la cinquième cause de mortalité prématurée dans le monde.  Ce fardeau risque même d’augmenter considérablement au cours des prochaines années, puisque 318 millions de personnes additionnelles sont « prédiabétiques », c’est-à-dire présentent une intolérance chronique au glucose qui les expose à un risque élevé de développer éventuellement la maladie.

Les maladies cardiovasculaires sont la principale complication ainsi que la principale cause de décès chez les patients atteints d’un diabète de type 2. Ces ravages s’expliquent par la difficulté de traiter efficacement les dommages aux vaisseaux sanguins causés par l’hyperglycémie chronique : malgré une panoplie de médicaments disponibles pour normaliser le taux de sucre sanguin, ces médicaments ne réduisent que très peu le risque de maladies cardiovasculaires et certains d’entre eux peuvent même entrainer d’importants effets secondaires.

Malgré les limitations des approches pharmacologiques actuelles, cela ne signifie pas que les personnes prédiabétiques ou touchées par un diabète de type 2 doivent être fatalistes et se résigner à demeurer à haut risque de subir un événement cardiovasculaire.  Le diabète de type 2 est dans la plupart une conséquence de mauvaises habitudes de vie, le surpoids en particulier, et il est donc possible de prévenir son développement ou d’atténuer ses impacts négatifs en adoptant un mode de vie plus sain.  Par exemple, une étude réalisée auprès de personnes à haut risque de diabète (obèses et glycémie à jeun élevée) a montré qu’une intervention basée sur des modifications au mode de vie qui permettent de réduire le poids corporel de seulement 7 % (diminution de l’apport calorique combinée à un minimum de 150 minutes d’exercice modéré par semaine) entrainait une diminution de 60 % de l’incidence de diabète de type 2, soit deux fois plus que celle obtenue à l’aide d’un médicament couramment utilisé pour traiter cette maladie (metformine).

Une étude récemment parue dans le Journal of the American College of Cardiology est l’une des meilleures illustrations de l’énorme impact positif de ces modifications au mode de vie sur le risque de mortalité liée aux complications cardiovasculaires du diabète de type 2. Dans cette étude, réalisée auprès de 11,527 personnes diabétiques, les chercheurs ont examiné l’impact de 4 aspects du mode de vie sur le risque de mortalité cardiovasculaire prématurée :

  • Une alimentation de qualité, définie par l’adhérence aux recommandations nutritionnelles (consommation élevée de fruits, légumes, grains entiers, noix, oméga-3 à longues chaines et consommation réduite de viandes rouges et charcuteries, de boissons sucrées et de sodium) ;
  • Une activité physique régulière d’intensité modérée à vigoureuse (150 minutes par semaine et plus) ;
  • L’absence de tabagisme ;
  • Une consommation modérée d’alcool : 5 à 15 g par jour pour les femmes (1 verre ou moins) et 5 à 30 g par jour pour les hommes (1 à 2 verres).

Les résultats sont spectaculaires : comparativement aux personnes diabétiques dont le mode de vie n’inclut aucun de ces facteurs, celles qui adoptent au moins trois de ces facteurs protecteurs voient leur risque de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire diminuer de 68 % (Figure 1), une protection impossible à obtenir avec les médicaments actuels. Chaque modification au mode de vie est un pas dans la bonne direction, l’adoption d’un seul facteur du mode de vie protecteur étant associé à une diminution marquée (38 %) du risque de mortalité.

Figure 1.  Impact du mode de vie sur la mortalité cardiovasculaire de personnes touchées par un diabète de type 2.  Adapté de Liu et coll. (2018).

En somme, un mode de vie sain peut non seulement prévenir le développement du diabète de type 2 chez les personnes à risque, mais également réduire considérablement les complications cardiovasculaires des personnes qui sont touchées par cette maladie.

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