Lien entre la consommation de viande rouge et des niveaux élevés de TMAO, un métabolite associé à des maladies cardiovasculaires

Lien entre la consommation de viande rouge et des niveaux élevés de TMAO, un métabolite associé à des maladies cardiovasculaires

Selon une nouvelle étude, la consommation de viande rouge est fortement corrélée avec les niveaux d’oxyde de triméthylamine (TMAO), un produit de la digestion des viandes rouges qui est associé à un risque accru de maladie cardiovasculaire.

Le TMAO est un métabolite produit par le microbiome intestinal à partir de carnitine et de choline, deux composés présents en grande quantité dans les viandes rouges telles les viandes de bœuf et de porc. Des concentrations élevées de TMAO peuvent promouvoir l’athérosclérose et des thromboses. (Voir cet article : « Athérosclérose : le rôle du microbiome intestinal »)

Dans cet essai randomisé et croisé, 113 hommes et femmes ont été recrutés pour examiner l’effet de la viande rouge, de la viande blanche ou de protéines végétales sur les niveaux de TMAO ainsi que son métabolisme et son excrétion. Chaque participant a été assigné au hasard à suivre un régime alimentaire spécifique durant un mois et, après une période de repos de 2 à 7 semaines durant laquelle il suivait leur régime alimentaire normal, il a ensuite suivi un régime alimentaire différent durant un autre mois. Lorsqu’ils suivaient le régime incluant de la viande rouge, les participants consommaient quotidiennement l’équivalent d’un steak de 8 onces (≈225 g) ou 2 boulettes de bœuf haché. Après un mois, les niveaux de TMAO ont triplé en moyenne lorsque les participants ont consommé de la viande rouge, comparativement à quand ils suivaient un régime incluant plutôt de la viande blanche ou des protéines végétales.

L’étude montre aussi que la consommation de viande rouge diminue la fraction d’excrétion rénale du TMAO, ce qui pourrait contribuer à la hausse du TMAO observée dans le plasma sanguin. L’utilisation de marqueurs isotopiques chez un sous-groupe de participants (N=13) a permis de déterminer que la consommation de viande rouge ou de viande blanche fait augmenter la production de TMAO à partir de carnitine, mais pas à partir de choline. La moitié des participants à l’étude ont suivi un régime faible en gras saturé et l’autre moitié un régime à haute teneur en gras saturés ; or les gras d’origine alimentaire n’ont eu aucun effet sur les niveaux de TMAO et de ses métabolites.

De nombreuses études d’observation et sur des modèles animaux ont montré qu’il y a une association entre le TMAO et le risque cardiovasculaire, et qu’il est bénéfique de réduire les niveaux de TMAO. Faire des études d’intervention à long terme chez des êtres humains pourrait cependant s’avérer être une tâche difficile et onéreuse. La bonne nouvelle que nous procure cette étude est qu’il est possible de réduire rapidement et facilement le TMAO dans notre organisme, tout simplement en cessant ou en réduisant fortement la consommation de viandes rouges. De plus en plus de gens le font, pour leur santé et celle de l’écosystème planétaire.

Cannabis vaporisé : plus puissant que le cannabis fumé pour les utilisateurs occasionnels

Cannabis vaporisé : plus puissant que le cannabis fumé pour les utilisateurs occasionnels

Comme la fumée de tabac, la fumée de cannabis contient plusieurs composés toxiques (ammoniaque, cyanure d’hydrogène, nitrosamines, composantes du goudron, etc.) qui peuvent altérer la fonction pulmonaire en cas d’exposition répétée. La vaporisation du cannabis séché ou d’extraits concentrés de la plante offre une alternative intéressante pour contourner ce problème, car la vapeur générée par le chauffage permet l’absorption des cannabinoïdes responsables des effets de la drogue (le THC, en particulier), tout en réduisant drastiquement l’exposition aux composés toxiques générés par la combustion (voir notre article sur le sujet). Bien qu’une minorité des consommateurs réguliers de cannabis consomment actuellement la drogue à l’aide de vaporisateurs, il est probable que cette proportion va augmenter au cours des prochaines années en raison du nombre croissant de dispositifs de cigarettes électroniques sur le marché, ceux-ci étant de plus en plus utilisés pour vapoter le cannabis.  De plus, l’utilisation du cannabis à des fins médicales et la légalisation du produit ont entrainé une perception de plus en plus positive du cannabis, ce qui peut également contribuer à une hausse de consommation.

Le cannabis vaporisé semble plus sécuritaire, mais procure-t-il les mêmes effets que le cannabis fumé?  Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs américains a analysé les effets des deux modes d’administration du cannabis auprès de 17 volontaires qui n’étaient pas des consommateurs réguliers de la drogue (seulement une fois au cours de la dernière année et aucune consommation au cours du mois précédant l’étude).  L’étude des effets du cannabis chez ce type de consommateur est intéressante, car la plus grande disponibilité du cannabis pourrait « démocratiser » l’usage de cette drogue et possiblement augmenter le nombre de ces utilisateurs novices ou occasionnels.

Pour comparer les deux modes d’administration, chacun des participants a consommé le cannabis sous forme de fumée (joints) ou de vapeur, avec un intervalle d’une semaine entre les séances. Des quantités de cannabis contenant 0, 10 et 25 mg de THC ont été testées, ce qui correspond à des doses relativement faibles de la drogue (à titre de comparaison, un joint pré-roulé « standard » vendu à la SQDC contient environ 60 mg de THC).  Après l’inhalation, les chercheurs ont évalué les effets de la drogue sur les volontaires, autant du point de vue subjectif (relaxation, anxiété, malaise, appétit, somnolence, etc.) que sur certaines fonctions cognitives et psychomotrices (similaires à celles impliquées dans la conduite d’un véhicule automobile).

Les résultats obtenus peuvent surprendre : comparativement au placebo, l’inhalation du cannabis sous forme de vapeur permet une plus grande absorption de THC que sous forme de fumée (taux sanguin maximum de 14 ng/mL, comparativement à 10 ng/mL à partir de la dose 25 mg).  Cette différence semble significative, car les volontaires ont rapporté un plus grand nombre d’effets subjectifs (positifs comme négatifs) suite à l’inhalation de la vapeur comparativement à la fumée, et avaient également de moins bonnes performances aux tests cognitifs et psychomoteurs. En d’autres mots, chez cette population de consommateurs très occasionnels de la drogue, la vapeur de cannabis provoque des effets plus prononcés que la fumée, même à des doses relativement modestes de THC. Comme le souligne l’éditorial qui accompagne l’article, il est à souhaiter que les consommateurs novices ou occasionnels de cannabis soient sensibilisés à ces effets plus prononcés du cannabis vaporisé, notamment en ce qui concerne les dangers associés à la conduite automobile.

Nouvelles directives américaines sur l’activité physique

Nouvelles directives américaines sur l’activité physique

En novembre 2018, le Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis a publié la 2édition de son guide intitulé « Physical Activity Guidelines for Americans » (voir aussi cette version condensée), afin de fournir des recommandations basées sur des données probantes pour que les enfants et les adultes puissent faire la quantité d’activité physique nécessaire pour se maintenir en bonne santé. Il y a de nouvelles directives pour les enfants de 3 à 5 ans et certaines directives ont été mises à jour pour les jeunes de 6 à 17 ans, les adultes, les adultes âgés, les femmes durant la grossesse et la période postnatale, les adultes souffrant de maladies chroniques et les adultes handicapés.

  • Les nouvelles directives pour les enfants de 3 à 5 ans indiquent que les enfants d’âge préscolaire devraient être actifs durant toute la journée pour améliorer la croissance et le développement. Les adultes qui prennent soin des enfants de cet âge devraient encourager le jeu actif (intensité légère, modérée ou vigoureuse) et viser au moins 3 heures d’activité par jour.
  • La quantité recommandée d’activité physique pour les jeunes de 6 à 17 ans est la même. Chaque jour, les jeunes de 6 à 17 ans ont besoin d’au moins 60 minutes d’activité d’intensité modérée à vigoureuse afin obtenir le plus de bienfaits possibles pour la santé. La plupart des activités peuvent être aérobies, comme la marche, la course, ou tout ce qui fait battre le cœur plus rapidement. Ils ont également besoin d’activités qui renforcissent leurs muscles et leurs os, comme l’escalade sur des équipements de terrain de jeu, jouer au basket-ball, ou la corde à danser.
  • La quantité recommandée d’activité physique pour les adultes est la même. Pour obtenir le plus de bienfaits pour la santé par l’activité physique, les adultes ont besoin d’au moins 150 à 300 minutes d’activité aérobie d’intensité modérée, comme la marche rapide ou la danse rythmée, chaque semaine. Les adultes ont également besoin d’activité de renforcement musculaire, comme soulever des poids ou faire des pompes, au moins 2 fois par semaine.
  • Nous connaissons maintenant plus de bienfaits de l’activité physique pour la santé, et comment il est possible de les obtenir plus facilement. La nouvelle édition des directives sur l’activité physique est basée sur les dernières études scientifiques qui montrent que l’activité physique a de nombreux avantages pour la santé, indépendamment des autres saines habitudes de vie, comme une bonne alimentation.
  • La première recommandation pour les adultes est de bouger davantage et d’être assis moins longtemps. Cette recommandation repose sur de nouvelles données probantes qui montrent une forte relation entre l’augmentation du comportement sédentaire et le risque accru de maladie cardiaque, d’hypertension artérielle et de mortalité, toutes causes confondues. Toute activité physique, en particulier l’activité modérée à vigoureuse, peut aider à compenser ces risques.
  • Nous savons maintenant que toute quantité d’activité physique a des bienfaits pour la santé. Les personnes peuvent bénéficier de petites quantités d’activité physique modérée à vigoureuse tout au long de la journée. Dans la première édition des directives, seuls les épisodes d’activité physique de 10 minutes et plus devaient être pris en compte pour répondre aux recommandations. La deuxième édition des directives supprime cette exigence pour encourager les personnes à se déplacer plus fréquemment tout au long de la journée.
  • De nouvelles données probantes montrent que l’activité physique procure des bienfaits immédiats pour la santé. Par exemple, l’activité physique peut réduire l’anxiété et la pression artérielle et améliorer la qualité du sommeil et la sensibilité à l’insuline.
  • Nous savons maintenant que suivre les recommandations des directives régulièrement peut mener à encore plus d’avantages à long terme pour la santé. (Les nouveaux avantages apparaissent en gras et avec un astérisque)
    • Pour les jeunes, l’activité physique peut aider à améliorer la cognition, * la santé osseuse, la forme physique, et la santé du cœur. Il peut également réduire le risque de dépression.
    • Pour les adultes, l’activité physique aide à prévenir 8 types de cancer (vessie, * sein, colon, endomètre,* œsophage,* rein,* estomac, * et poumon) ; réduit le risque de démence (y compris la maladie d’Alzheimer *), mortalité de toute cause, cardiopathie, AVC, hypertension artérielle, diabète de type 2 et dépression ; et améliore la santé osseuse, la fonction physique et la qualité de vie.
    • Pour les personnes âgées, l’activité physique réduit aussi le risque de chutes et blessures dues aux chutes.*
    • Pour les femmes enceintes, l’activité physique réduit le risque de dépression post-partum.*
    • Pour tous les groupes, l’activité physique réduit le risque de gain de poids excessif * et aide les gens à maintenir un poids santé.
  • De nouvelles études montrent que l’activité physique peut aider à gérer davantage de problèmes de santé. Par exemple, l’activité physique peut diminuer la douleur chez les personnes souffrant d’arthrose, réduire la progression de la maladie pour l’hypertension et le diabète de type 2, réduire les symptômes d’anxiété et de dépression et améliorer la cognition chez les personnes atteintes de démence, de sclérose en plaques, de TDAH, et de la maladie de Parkinson.
Association entre le froid et l’incidence de crise cardiaque

Association entre le froid et l’incidence de crise cardiaque

Des chercheurs ont comparé les 274 029 infarctus du myocarde survenus en Suède durant une période de 16 ans (de 1998 à 2013) avec 2,7 millions de données provenant de 132 stations météorologiques réparties dans le pays. La température froide, la basse pression atmosphérique, les vents forts et une plus courte durée d’ensoleillement étaient associés à un risque accru d’infarctus du myocarde (Figure 1). L’association la plus forte était avec la température de l’air extérieur, avec une plus grande incidence d’infarctus du myocarde (IM) à des températures sous 0 °C. À partir de 3-4 °C, chaque hausse de la température de 7,4 °C était associée à une diminution du risque d’IM de 2,8 %. D’autres études avaient déjà suggéré qu’il y a une association entre la température de l’air et l’incidence d’IM, mais l’étude suédoise est celle qui porte sur le plus large échantillon et celle qui a pris en compte le plus grand nombre de variables météorologiques.

Figure 1. Taux d’incidence d’infarctus du myocarde en Suède en fonction de la température de l’air, de la vitesse du vent et de l’ensoleillement. Adapté de Mohammad et coll., JAMA Cardiology, 2018.

Divers mécanismes physiologiques ont été proposés pour expliquer l’effet du froid sur l’infarctus du myocarde, parmi lesquels la vasoconstriction des artères coronaires est la cause la plus probable. La vasoconstriction provoquée par le froid pourrait faire augmenter la contrainte de cisaillement sur la paroi des artères coronaires et induire une rupture de plaque. La nature de l’étude suédoise ne permet cependant pas d’établir qu’il y a une relation cause à effet entre le froid et l’IM. Durant la saison froide il y a davantage d’infections des voies respiratoires et de cas de grippes qui sont des facteurs de risque connus de l’IM. Une étude a récemment montré que l’infection des voies respiratoires par les virus de la grippe (influenza) multiplie par 6 le risque d’IM. Il y a d’autres changements saisonniers qui pourraient aussi contribuer à l’augmentation de l’incidence d’IM, tels une activité physique réduite, des changements dans le régime alimentaire, le stress et la dépression. Pelleter de la neige est une activité hivernale qui met à rude épreuve le système cardiovasculaire et l’incidence d’IM augmente chez les hommes le jour suivant une tempête de neige (voir cet article sur l’Observatoire :« Tempêtes de neige et le risque d’infarctus du myocarde »).

Il y a un résultat intriguant dans l’étude suédoise : le climat varie beaucoup d’une région à l’autre dans ce pays ; or la région située la plus au nord où il fait plus froid est la seule parmi les 6 régions de la Suède où les températures froides n’étaient pas associées à un risque accru significatif d’infarctus du myocarde. Les auteurs de l’étude suggèrent que ces résultats en apparence paradoxaux pourraient s’expliquer par une meilleure adaptation au froid dans cette région nordique aux longs hivers, où les habitants prennent plus de mesures pour se protéger du froid.

 

 

 

 

 

La grippe, ça peut être dangereux pour le cœur !

La grippe, ça peut être dangereux pour le cœur !

Mis à jour le 12 décembre 2018

La grippe est une maladie virale très répandue qui touche chaque année de 5 à 20 % de la population mondiale. L’infection des cellules des voies respiratoires par le virus de l’influenza déclenche une panoplie de symptômes cliniques, les plus communs étant le « nez qui coule », les maux de gorge, la fièvre et un malaise généralisé, mais le corps humain possède généralement une bonne résistance au virus et les personnes en bonne santé réussissent dans la très grande majorité des cas à surmonter l’infection en quelques jours.  Par contre, la grippe demeure une maladie dangereuse pour les personnes dont l’immunité n’est pas optimale (jeunes enfants, personnes âgées ou touchées par une maladie chronique), car le virus peut entrainer chez ces personnes des complications pulmonaires graves (pneumonies, bronchites hémorragiques) et potentiellement mortelles.

En plus de ses effets néfastes sur les poumons,  plusieurs observations indiquent que l’infection par le virus de l’influenza peut également affecter le système cardiovasculaire.  Par exemple, on  sait depuis longtemps que le pic de la saison de la grippe est corrélé avec une hausse des décès associés aux maladies ischémiques comme l’infarctus du myocarde et les AVC. Certaines études ont également rapporté que les patients qui sont admis à l’hôpital pour un infarctus aigu sont significativement plus à risque d’avoir été affectés par une infection respiratoire dans les jours ou semaines précédant leur admission.  De la même façon, d’autres études ont montré que les personnes qui consultent un médecin pour une infection respiratoire aigüe ou des symptômes de la grippe sont plus à risque d’être touchées par la suite par un événement cardiovasculaire grave.

Ce lien entre l’influenza et les maladies cardiovasculaires est particulièrement bien illustré par les résultats d’une étude canadienne récemment publiée dans le New England Journal of Medicine.  Les chercheurs ont observé que les personnes qui avaient été déclarées positives pour l’un ou l’autre des différents virus respiratoires avaient un risque beaucoup plus élevé d’être hospitalisées pour un infarctus aigu dans les 7 jours suivant le diagnostic.  Cette hausse du risque est particulièrement élevée pour les virus de l’influenza A et B (5 et 10 fois, respectivement), mais est également observée pour les infections par le virus syncytial (RSV) ainsi que pour d’autres virus respiratoires (adénovirus, métapneumovirus, coronavirus, etc.) (Figure 1).  Il est donc certain que ces hausses du risque d’événements cardiovasculaires graves contribuent à la mortalité associée aux infections respiratoires, en particulier celle causée par les virus de la grippe.

Figure 1. Hausse de l’incidence des hospitalisations pour un infarctus du myocarde aigu dans les 7 jours suivants un diagnostic d’infection pulmonaire par différents virus.  Adapté de Kwong (2018)

Cette association entre les infections pulmonaires et le risque d’événements cardiovasculaires pourrait être due à l’interaction étroite qui existe entre ces deux organes (poumons et cœur).  Au cours des échanges gazeux, le sang veineux (pauvre en oxygène) est propulsé du ventricule droit du cœur dans les artères pulmonaires, s’oxygène dans les capillaires pulmonaires, revient à l’oreillette gauche par les veines pulmonaires pour être finalement expulsé dans la circulation via l’aorte.  La présence d’un foyer inflammatoire causée par la présence d’une infection pulmonaire peut donc se transmettre rapidement à l’ensemble de l’organisme. Ceci est particulièrement dangereux pour le cœur, car ce climat proinflammatoire causé par l’infection  provoque une inflammation aigüe de la paroi des vaisseaux et une augmentation du potentiel de coagulation, deux phénomènes connus pour favoriser la rupture des plaques d’athérosclérose et provoquer l’obstruction des artères coronaires responsable de l’infarctus.

L’impact de la vaccination

L’hiver est le pic de la saison de la grippe, car le virus de l’influenza est très contagieux à basse température et à faible taux d’humidité, deux caractéristiques des conditions météorologiques hivernales. Malgré une protection imparfaite (environ 50-70 % d’efficacité, dans les meilleures années), la vaccination demeure la meilleure façon de réduire le risque de contracter l’influenza et de diminuer du même coup les complications parfois sévères de cette infection.

Ceci est particulièrement important pour les personnes à haut risque en raison d’antécédents de maladies cardiovasculaires.  Plusieurs études ont montré que la vaccination contre l’influenza réduit l’incidence d’événements cardiovasculaires chez les patients atteints d’une maladie coronarienne, en particulier ceux qui avaient récemment subi un infarctus.  L’étude randomisée FLUVACS (FLU Vaccination Acute Coronary Syndromes) a montré que chez des patients admis pour un infarctus ou pour une angioplastie (pose de « stent » pour dilater les coronaires obstruées), la vaccination réduisait le risque de décès de causes cardiovasculaires après 6 mois (75 % de réduction) et un an (66 % de réduction). Dans la même veine, l’étude randomisée FLUCAD a montré que la vaccination de patients atteints d’une maladie coronarienne (tel que visualisé par angiographie) réduit de moitié le risque d’infarctus dans l’année qui suit. La vaccination semble également bénéfique en prévention primaire, car une étude réalisée auprès de 80,363 personnes âgées de 65 et plus a montré que la vaccination réduisait l’incidence d’infarctus du myocarde de 25 % sur une période de 13 ans.

La vaccination semble particulièrement bénéfique pour les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque, une population à très haut risque de complications de la grippe.  Selon une étude danoise réalisée sur une période de 3 ans, les patients qui ont été vaccinés au moins une fois pendant cette période ont vu leur risque de mortalité réduit de 18 %, une protection qui atteint même 30 % chez ceux qui avaient été vaccinés à chaque année.  Il n’y a donc que des avantages à se faire vacciner contre l’influenza, en particulier pour les personnes qui sont affectées par une maladie cardiovasculaire.

 

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