Les noix, de précieux alliés pour la prévention des maladies cardiovasculaires

Les noix, de précieux alliés pour la prévention des maladies cardiovasculaires

Du point de vue culinaire, le terme « noix » regroupe l’ensemble des fruits et graines oléagineux recouverts d’une coquille, comme diverses noix (de Grenoble, du Brésil, de Cajou), noisettes, pacanes, pistaches, amandes et arachides.  Ces fruits à coque sont très intéressants au niveau nutritionnel, car ils présentent un contenu élevé en acides gras insaturés essentiels, ainsi qu’en fibres, vitamines, acides aminés et plusieurs minéraux. Il n’est donc pas étonnant qu’ils fassent partie de l’alimentation humaine depuis la nuit des temps.

Un très grand nombre d’études ont montré que la consommation de noix était associée à une réduction substantielle du risque de maladie cardiovasculaire.  Par exemple, les résultats de 4 études prospectives réalisées aux États-Unis indiquent que les personnes qui consomment le plus de noix ont environ 40 % moins de risque d’être touchées par une maladie coronarienne que celles qui n’en mangent pas ou très peu (voir le Tableau 1). On estime que chaque portion de noix (30 g) diminue de 8 % le risque de maladie coronarienne, la protection maximale étant atteinte aux environs de 5 portions hebdomadaires. Ces résultats sont en accord avec ceux obtenus lors de l’étude randomisée PREDIMED, où les personnes qui consommaient 30 g de noix chaque jour avaient un risque d’événements cardiovasculaires diminué d’environ 30 %. Il n’y a donc aucune ambiguïté : manger régulièrement des noix permet d’abaisser considérablement le risque de maladies cardiovasculaires et diminue du même coup le risque de décéder prématurément de ces maladies.

Cet effet protecteur est une conséquence des multiples effets positifs des noix sur plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Par exemple, un grand nombre d’études d’intervention ont montré que la consommation de plusieurs types de noix est associée à une réduction d’environ 7 % des taux de cholestérol-LDL et de 10 % des taux de triglycérides.  Ces baisses de lipides sont intéressantes, mais elles ne peuvent cependant pas expliquer à elles seules la réduction substantielle de maladies cardiovasculaires associée à la consommation de noix et d’autres facteurs sont certainement en jeu.  Parmi ceux-ci, mentionnons une activité antioxydante, une action anti-inflammatoire et une amélioration de la fonction endothéliale.

Plusieurs personnes hésitent à manger régulièrement des noix sous prétexte que ces aliments sont très caloriques et pourraient donc favoriser le surplus de poids.  Cette inquiétude est compréhensible, mais elle n’est absolument pas fondée : la recherche des dernières années a clairement montré que non seulement les noix ne font pas grossir, mais qu’elles peuvent au contraire prévenir l’excès de poids et même réduire l’accumulation de graisse.  Par exemple, la consommation de 30 g de noix chaque jour pendant un an est associée à une diminution du syndrome métabolique, conséquence d’une réduction de l’excès de graisse au niveau abdominal. La richesse calorique des noix, combinée à leur contenu en fibres, engendrent probablement un sentiment de satiété qui participe à mieux contrôler l’appétit et ainsi à éviter une consommation superflue de calories. Il s’agit véritablement d’une classe d’aliments exceptionnels, qui méritent une place de choix dans nos habitudes alimentaires.

ÉtudesNombre de participantsDurée de l’étude (années)Diminution du risque de maladie coronarienne (%)
Adventist Health Study26,743638
Iowa Women’s Health Study19,411740
Nurses Health Study86,0161439
Physicians Health Study21,4341723
Combinées153,60437

Tableau 1. Études prospectives sur l’association entre la consommation de noix et le risque de maladie coronarienne.  Adapté de Kelly et Sabaté (2006).

Intérêts et avantages cardiovasculaires de l’entrainement aérobie aquatique

Intérêts et avantages cardiovasculaires de l’entrainement aérobie aquatique

Nos études ont démontré que l’exercice en immersion sur bicyclette avait des effets bénéfiques pour la santé cardiovasculaire, avec une amélioration de la fonction cardiaque lors de l’effort et pendant la récupération similaire à celle observée sur terrain sec. L’exercice en immersion augmente le débit et le volume de sang (débit cardiaque et volume d’éjection systolique) expulsé  par le cœur pendant et après l’exercice, et donc pourrait être intéressant pour entrainer/améliorer la fonction cardiovasculaire. Cette amélioration de la fonction cardiaque (débit et volume de sang éjecté) fait aussi en sorte que la récupération de la fréquence cardiaque après l’exercice est aussi améliorée en raison d’un tonus parasympathique (système nerveux cardiaque ralentissant les battements du cœur) plus important.

Pour les personnes pré-hypertendues (pression artérielle ≥ 130/85 mmHg), l’entrainement par intervalles en immersion sur bicyclette réduit de façon plus marquée la pression et la rigidité artérielles que le même entrainement sur terrain sec, ouvrant des perspectives intéressantes d’intervention pour le traitement de l’hypertension artérielle. Les mécanismes de ces effets bénéfiques de l’exercice en immersion sur le plan vasculaire restent à définir : s’agit-il d’une réduction du tonus sympathique (système nerveux augmentant les battements du cœur et la pression artérielle) ou d’une amélioration de la dilatation des artères et de la réduction de la résistance des vaisseaux ? Quoi qu’il en soit, ces observations soulignent les bénéfices associés à l’activité physique en immersion et son potentiel à améliorer la santé cardiovasculaire.

Il est à noter que le niveau d’immersion est un facteur important pour bénéficier des effets cardiovasculaires, une immersion au niveau du sternum étant « idéale » pour le vélo aquatique. Les personnes ayant des troubles musculaires et/ou articulaires, les patients atteints de surpoids et les personnes âgées peuvent aussi bénéficier de l’entrainement aquatique parce qu’il réduit les impacts sur les articulations (dos, genoux, hanches) et favorise l’équilibre. L’entrainement  sur vélo aquatique est très bien toléré par les patients en surpoids parce que l’immersion dans l’eau supporte le poids de la personne, et il est aussi efficace qu’un entrainement sur terrain sec sur le plan des facteurs de risque et de la forme physique. Les autres formes d’exercices aquatiques pouvant amener de la variété, telle la marche dans l’eau, l’aquaforme ou encore l’aqua-course en eau profonde restent également tout aussi valables en termes de bénéfices cardiovasculaires pour la population générale, en surpoids ou qui sont affectées par des maladies cardiovasculaires et sont couramment utilisées dans les programmes d’entrainement du Centre ÉPIC.

 

Manger moins pour vivre plus longtemps en bonne santé

Manger moins pour vivre plus longtemps en bonne santé

Au Canada, tout comme dans la plupart des pays industrialisés, l’espérance de vie à la naissance est d’environ 80 ans, soit presque le double d’il y a 150 ans. Cette augmentation de la longévité masque toutefois une réalité plus sombre : nous vivons peut-être plus longtemps qu’auparavant, mais plusieurs de ces années supplémentaires sont très souvent marquées par la maladie et la souffrance. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), notre espérance de vie en bonne santé est en moyenne inférieure d’environ 10 ans à l’espérance de vie totale, un écart qui représente évidemment une réduction substantielle des bienfaits que devrait apporter une vie plus longue.

Pour remédier à cette situation, la clé demeure d’empêcher le développement des nombreuses maladies chroniques qui sont associées au vieillissement, en particulier les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, différents types de cancers et des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer et autres démences.  On sait depuis plusieurs années que l’absence de tabagisme, une activité physique régulière, une alimentation principalement composée de végétaux (fruits, légumes, grains entiers, noix) et le contrôle du poids corporel sont tous des facteurs du mode de vie qui peuvent grandement diminuer le risque de ces maladies et ainsi contribuer à prolonger la vie en bonne santé.

Un autre facteur protecteur, moins connu celui-là, est de simplement diminuer la quantité de calories consommées. Un très grand nombre d’études réalisées au cours des dernières années ont en effet clairement montré que la restriction calorique (sans carence en vitamines et minéraux essentiels) augmente de 30 à 50 % la longévité de plusieurs organismes simples comme les levures, les mouches drosophiles et les vers, de même que celle d’animaux plus complexes comme les rongeurs.   Cette augmentation de la longévité s’accompagne  d’une réduction importante de plusieurs maladies, en particulier les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies neurodégénératives, ce qui suggère que la restriction calorique possède le potentiel d’améliorer significativement l’espérance de vie en bonne santé.

Les données accumulées jusqu’à présent suggèrent que cette approche pourrait être appliquée avec succès aux humains.   Chez les singes rhésus (qui possèdent un génome identique à 93 % au nôtre), les études initiales indiquaient que la restriction calorique était associée à une diminution de l’incidence du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires, du cancer et des neurodégénérescences ainsi qu’à une augmentation de la longévité, un bénéfice qui a été récemment confirmé.  Un impact positif similaire de la restriction calorique chez les humains est probable, car il a été montré que la diminution de l’apport en calories provoquait plusieurs changements biochimiques connus pour abaisser le risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de cancers et de démences.  Une diminution de l’apport calorique semble très bien tolérée, car une restriction de 25 % des calories ingérées pendant 2 ans est associée à une amélioration de l’humeur, du sommeil et de la qualité de vie en général. Compte tenu des effets spectaculaires de la restriction calorique sur la santé, il s’agit donc d’une approche très prometteuse pour améliorer l’espérance de vie en bonne santé.

Comment arriver à manger moins?  Dans la restriction calorique classique, la fréquence des trois repas par jour est maintenue, mais l’apport en nourriture est diminué de 20 à 40 %.  Il ne faut pas se le cacher, cette approche peut s’avérer difficile à adopter pour plusieurs personnes : nous vivons dans une société où la nourriture est abondante, attrayante et facilement accessible en tout temps (souvent en portions démesurées), ce qui encourage au contraire la surconsommation de calories.

La recherche des dernières années indique cependant qu’il existe cependant d’autres méthodes qui pourraient permettre de profiter des effets positifs de la restriction calorique sur la santé.  Au lieu de diminuer uniformément la quantité de calories consommées chaque jour, il s’agit plutôt de faire alterner des périodes où l’apport alimentaire est normal avec des périodes de jeûne plus ou moins prolongées.  Plusieurs types de jeûnes existent, les plus populaires étant :

  • Jeûne intermittent : Il s’agit de jeûner ou de réduire drastiquement l’apport calorique (500 calories par jour) de façon intermittente, par exemple 1 ou 2 jours par semaine. Ces jeûnes peuvent être consécutifs, comme dans le régime 5 :2 (5 jours d’alimentation normale suivis de deux jours de jeûne) ou encore alternatifs (entrecoupés de périodes d’alimentation normale).
  • Alimentation limitée dans le temps (time-restricted feeding) : Il s’agit ici de restreindre la consommation de nourriture sur une petite période de la journée (4 à 8 h), par exemple en sautant le petit déjeuner et le diner tout en soupant tôt. En pratique, il s’agit donc d’une forme de jeûne intermittent, avec des périodes de jeûne d’environ 18 h qui alternent avec de courtes périodes d’alimentation normale.
  • Jeûne périodique : Dans cette forme plus extrême de jeûne, toute nourriture est éliminée pendant des périodes allant de plusieurs jours à quelques semaines.

L’alimentation limitée dans le temps est particulièrement intéressante, car elle correspond en gros à la façon dont les humains se sont alimentés au cours de l’évolution, c’est-à-dire en alternant les périodes de prise de nourriture avec des périodes de jeûne, généralement durant le sommeil. Au cours des dernières années, les travaux réalisés par plusieurs groupes de scientifiques chevronnés comme ceux dirigés par Valter Longo et Mark Mattson ont clairement montré que chez les modèles animaux, le jeûne intermittent prévient ou retarde la progression de plusieurs maladies, incluant l’athérosclérose, le diabète, le cancer, les AVC et les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Parmi les mécanismes impliqués, on note une amélioration de la sensibilité à l’insuline, une diminution de l’inflammation ainsi que l’élimination des cellules dysfonctionnelles (autophagie) et leur remplacement par de nouvelles cellules plus performantes.  Des travaux récents montrent également que le jeûne intermittent régularise les rythmes circadiens et optimise ainsi l’efficacité du métabolisme. Le résultat global est que la fonction des organes est améliorée, ce qui permet de retarder le développement d’un grand nombre de pathologies et ainsi de prolonger la durée de vie en bonne santé (Tableau suivant).

Désordres et pathologies associées à une mauvaise alimentationImpact d’une alimentation limitée dans le temps (« time restricted feeding »)
ObésitéDiminution de la masse adipeuse
Augmentation de la masse maigre
Intolérance au glucose/ résistance à l’insuline, syndrome métabolique et diabète de type 2Amélioration du métabolisme du glucose
Altération de la composition du microbiome
(dysbiose)
Favorise un microbiome diversifié et dynamique
Maladies cardiovasculairesAmélioration des facteurs de risque
Diminution de l’inflammation
Amélioration de la fonction cardiaque
Inflammation chroniqueDiminution de l'inflammation
Maladies hépatiquesDiminution de la fibrose
Diminution de la graisse hépatique
CancerDiminution du risque de cancer du sein
Amélioration du pronostic
Dyslipidémies Amélioration du profil lipidique
Désordres du sommeil
Amélioration de la qualité et durée du sommeil
Diminution fonction musculaireAugmentation de l'endurance
Diminution des fonctions cognitives et démencesAmélioration de la neuroplasticité
Stimulation de la neurogénèse  et amélioration des fonctions cognitives.

Adapté de Panda (2016)

La cigarette électronique est vraiment moins nocive que le tabac

La cigarette électronique est vraiment moins nocive que le tabac

Un article récemment publié dans le Annals of Internal Medicine confirme que les utilisateurs de substituts nicotiniques comme la cigarette électronique sont beaucoup moins exposés à des substances chimiques toxiques et cancérigènes que les fumeurs réguliers. En comparant des échantillons de salive et d’urine provenant de « vapoteurs » réguliers et de fumeurs, l’équipe du Dr Robert West a montré que ceux des vapoteurs contenaient des quantités beaucoup moindres de plusieurs molécules connues pour contribuer aux ravages du tabagisme, notamment certaines nitrosamines cancérigènes et des composés volatils toxiques comme l’acroléine, l’acrylamide et l’acrylonitrile.  Cette diminution n’est cependant pas observée chez les vapoteurs qui continuent à fumer du tabac occasionnellement, ce qui indique que la cigarette électronique ne parvient à véritablement réduire l’exposition aux toxiques que chez les personnes qui cessent complètement l’usage de tabac combustible. Lorsque c’est le cas, par contre, ces données montrent clairement que la cigarette électronique est beaucoup moins toxique que la cigarette traditionnelle et que les fumeurs peuvent donc considérablement réduire leur risque de développer les maladies liées au tabagisme en adoptant cette forme d’inhalation de nicotine.

En dépit de cette réduction substantielle des dommages, plusieurs organismes officiels au Canada et aux États-Unis sont encore farouchement opposés à la cigarette électronique parce qu’ils craignent qu’elle « renormalise » le fait de fumer et, surtout, qu’elle devienne une porte d’entrée vers le tabac chez les jeunes.  Je comprends très bien ces inquiétudes : lorsqu’on a lutté pendant 50 ans contre la cigarette de tabac, il est difficile d’accepter quoi que ce soit qui semble s’en rapprocher.

Par contre, on peut se questionner sur l’acharnement de certains chercheurs américains à tenter de démontrer que l’usage de la cigarette électronique est véritablement un tremplin vers la cigarette de tabac. Par exemple, une étude récente soutient que c’est bel et bien le cas, bien que les auteurs arrivent à cette conclusion en se basant sur le seul fait que les adolescents qui avaient essayé la cigarette électronique une seule fois au cours du dernier mois avaient également fait l’essai d’une cigarette de tabac durant l’année.  Comme le mentionne le professeur Prof. Peter Hajek qui dirige le Tobacco Dependence Research Unit à l’Université Queen Mary de Londres, ce résultat ne veut absolument rien dire, car un jeune attiré par le tabac va expérimenter plusieurs formes disponibles, sans que cela signifie que l’essai de l’un le pousse vers une autre.

En réalité, il n’y a aucune donnée qui suggère que l’usage de la cigarette électronique mène au tabagisme, bien au contraire.  La proportion des adolescents américains qui fument est en constante diminution depuis la fin des années 1990: par exemple le sondage « Monitoring the Future » rapporte que la proportion d’adolescents qui ont fumé dans les derniers 30 jours est passée de 28,3 % en 1996 à 5,9 % en 2016.  De plus, depuis 2011, année où l’usage de la cigarette électronique a commencé à augmenter rapidement aux États-Unis, la proportion d’adolescents qui fument a fortement décliné, passant de 11,7 % à 5,9 %.   Même s’il est indispensable de règlementer étroitement la vente des cigarettes électroniques auprès des jeunes, il est grand temps d’admettre que le « vapotage » n’est pas un tremplin vers le tabagisme et peut même diminuer significativement les effets catastrophiques du tabac sur la santé.

 

Les complications cardiovasculaires du diabète

Les complications cardiovasculaires du diabète

Une des transformations les plus remarquables à avoir touché la société au cours des 50 dernières années est sans doute la forte augmentation du poids corporel de la population. Selon les statistiques des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, le poids moyen d’un américain est passé de 166 livres à 196 livres (75 à 89 kg) au cours de cette période, tandis que celui des femmes a augmenté de 140 livres à 166 livres (63 à 75 kg).  Autrement dit, en moyenne, les femmes pèsent maintenant le même poids que les hommes qui vivaient durant les années 60 !

Cette augmentation du nombre de personnes en surpoids a de graves conséquences, entre autres parce que l’excès de graisse hausse considérablement le risque de diabète de type 2.  Peu de gens le savent, mais le surpoids est un important facteur de risque de diabète, avec plus de 90 % des diabétiques de type 2 qui souffrent d’embonpoint ou d’obésité.  L’International Diabetes Foundation estime qu’à l’échelle mondiale 415 millions d’adultes sont actuellement atteints de diabète, tandis que 318 millions d’adultes sont « prédiabétiques », c’est-à-dire présentent une intolérance chronique au glucose qui les expose à un risque élevé de développer éventuellement la maladie. Le diabète est la cinquième cause de mortalité prématurée dans le monde, étant à lui seul responsable de 7 % des décès prématurés, une proportion qui pourrait même atteindre 12 % aux États-Unis. Avec la progression constante de l’obésité à l’échelle mondiale, la hausse parallèle des cas de  diabète de type 2 fait en sorte que cette maladie pourrait devenir une des plus grandes crises de santé publique du XXIe siècle et imposer un très lourd fardeau financier, autant pour les individus atteints que pour les systèmes de santé.

Le diabète de type 2 se caractérise par une hyperglycémie chronique causée par un phénomène complexe appelé  « résistance à l’insuline ». Contrairement au diabète de type I, le pancréas est encore capable de produire de l’insuline, mais les organes du corps (foie, muscles, tissus adipeux) deviennent moins sensibles à cette hormone et perdent progressivement la capacité de capter efficacement le sucre, ce qui entraine du même coup une hausse de la glycémie.   À court terme, l’organisme cherche à compenser cette résistance en produisant un excès d’insuline pour tenter de faire entrer à tout prix le sucre dans les cellules, et il est donc courant d’observer simultanément des taux élevés de glucose et d’insuline dans le sang des personnes prédiabétiques. À plus long terme, par contre,  cette résistance à l’insuline provoque un épuisement du pancréas et l’arrêt complet de la production de cette hormone.

Du point de vue de la santé du cœur et des vaisseaux, le développement d’un diabète est une véritable catastrophe en raison des multiples effets délétères de l’hyperglycémie sur plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires :

  • Athérosclérose: l’excès de sucre et d’insuline favorise la formation de plaques sur la paroi des vaisseaux et cette athérosclérose est plus généralisée, plus grave et se développe plus rapidement que chez les non-diabétiques.
  • Hypertension artérielle : l’hypertension est deux fois plus fréquente chez les personnes atteintes de diabète.
  • Dyslipidémie : une forte proportion de diabétiques présentent un profil lipidique associé à une hausse du risque de maladies cardiovasculaires (taux élevés de cholestérol-LDL et de triglycérides, faibles taux de cholestérol-HDL).

Tous ces facteurs, combinés à une atteinte des petits vaisseaux sanguins (microangiopathie) par l’hyperglycémie,  font en sorte que le diabète de type 2 est associé à une :

  • Augmentation de 2 à 4 fois de l’incidence de maladies coronariennes
  • Augmentation de 10 fois de l’incidence de maladies vasculaires périphériques et de 15 à 40 fois du risque d’amputation
  • Augmentation de 3 à 4 fois du risque de mortalité prématurée.

Le diabète reste encore aujourd’hui une condition qui est extrêmement difficile à traiter efficacement.  Les médicaments développés jusqu’à présent pour traiter le diabète de type 2 ne réduisent pas (ou sinon très peu) le risque de maladies cardiovasculaires et certains d’entre eux peuvent même entrainer d’importants effets secondaires.  Cela ne signifie cependant pas qu’on ne peut rien faire pour combattre cette maladie : puisque le diabète de type 2 est essentiellement une conséquence de mauvaises habitudes de vie, le surpoids notamment, il est possible de prévenir son développement ou d’atténuer ses impacts négatifs simplement en modifiant ces habitudes.

Les résultats d’une étude réalisée auprès de personnes à haut risque de diabète (obèses et glycémie à jeun élevée) en sont un bon exemple.  Les chercheurs ont montré qu’une intervention basée sur des modifications au mode de vie qui permettent de réduire le poids corporel de seulement 7 % (diminution de l’apport calorique combinée à un minimum de 150 minutes d’exercice modéré par semaine) entrainait une diminution de 60 % de l’incidence de diabète de type 2, soit deux fois plus que celle obtenue à l’aide d’un médicament couramment utilisé pour traiter cette maladie (metformine). Le mode de vie est donc supérieur à la médication pour traiter le diabète, sans compter qu’il est dépourvu des effets secondaires fréquemment associés à la médication (troubles gastrointestinaux dans le cas de la metformine).

Et plus ces changements au mode de vie sont importants, meilleure est la réduction du risque.  Une étude très importante a montré qu’une réduction du poids corporel de seulement 5 %, combinée à une alimentation riche en végétaux comme les fruits, légumes et grains entiers et à 30 minutes d’exercice par jour, éliminait complètement le développement du diabète, un objectif impossible à atteindre avec les médicaments actuels.

Le diabète représente donc un des meilleurs exemples du vieil adage qui dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Une alimentation principalement basée sur la consommation de végétaux, combinée à une activité régulière et au maintien d’un poids corporel normal peut enrayer le développement du diabète de type 2 et demeure la meilleure arme mise à notre disposition pour prévenir les nombreuses complications qui découlent de cette maladie, en particulier au niveau cardiovasculaire.

 

 

Le programme Ornish : aux grands maux, les grands remèdes

Le programme Ornish : aux grands maux, les grands remèdes

On me demande souvent s’il faut absolument adopter une alimentation strictement végétarienne pour diminuer significativement le risque d’être touché par une maladie cardiovasculaire.  Pour la majorité des gens, la réponse est non : le régime méditerranéen, par exemple, inclut un certain nombre d’aliments de source animale (produits laitiers, œufs, poissons et même des viandes rouges à l’occasion) et plusieurs études ont clairement montré qu’il pouvait réduire significativement le risque d’événements cardiovasculaires, autant en prévention primaire (étude PREDIMED) que secondaire (étude de Lyon).  Il est aussi intéressant de noter que le végétarisme strict est très rare au Japon, mais que les Japonais, grands consommateurs de poissons, présentent encore aujourd’hui la plus faible incidence de maladies du cœur au monde.

La situation est cependant différente pour les personnes qui souffrent d’une maladie coronarienne grave et qui sont par conséquent à très haut risque de mourir prématurément. Chez ces patients, les études indiquent plutôt que l’adoption d’une alimentation végétarienne stricte permet d’enrayer la progression de l’athérosclérose et peut même, dans plusieurs cas, faire régresser une maladie coronarienne existante.

Le programme de réadaptation cardiaque élaboré par le médecin californien Dean Ornish est possiblement le meilleur exemple de l’impact positif de cette approche. Ce programme est basé sur une alimentation végétarienne stricte, riche en glucides complexes et pauvre en gras, jumelée à un programme d’exercice modéré régulier et à l’application de techniques de gestion du stress (la méditation, par exemple). L’équipe du Dr Ornish a étudié l’impact de ce programme chez des patients porteurs d’une maladie coronarienne bien documentée, c’est-à-dire qui avaient des obstructions importantes des artères coronaires et qui présentaient de l’angine, des résultats anormaux aux épreuves d’effort sur tapis roulant ainsi que des images de scintigraphie myocardiques (PET-scan) montrant un manque de sang au myocarde (ischémie).

Ils ont séparé ces patients de façon aléatoire en deux groupes distincts, un groupe étant soumis à son programme intensif tandis que l’autre était soumis aux traitements appliqués de façon standard en cardiologie. Les résultats obtenus après un an et 5 ans de traitement sont tout à fait spectaculaires: les patients soumis au programme Ornish ont vu leurs symptômes s’améliorer très rapidement (2 à 3 semaines) et, après quelques années, une diminution significative des lésions a pu être notée.  À l’inverse, les patients du groupe témoin, qui suivaient les traitements habituels, sans modifications majeures à leur mode de vie, ont vu leurs lésions coronariennes progresser. Par exemple, la sévérité des blocages des vaisseaux des patients du groupe témoin a augmenté de 11 % dans les cinq années qui suivaient le début de l’étude, tandis que chez ceux qui avaient adhéré au programme Ornish, la sévérité de ces sténoses avait à l’inverse diminué de 3 % en moyenne, une baisse qui pouvait même atteindre  7 % chez les personnes qui adhéraient le plus fortement aux directives du programme. Ces réductions des blocages se sont traduites par une amélioration marquée de la perfusion du myocarde et à la quasi-disparition des symptômes d’angine chez ces patients. En d’autres mots, la progression de la maladie coronarienne a été non seulement stoppée par la mise en application du programme, mais a même été renversée dans plusieurs cas.

Il ne s’agit pas de cas isolés, car j’ai moi-même suivi plusieurs patients avec une maladie coronarienne documentée qui étaient motivés à suivre ce type de programme assez strict et j’ai pu constater que ces patients évoluent de façon remarquable. Leurs symptômes s’atténuent rapidement en quelques semaines, à tel point qu’on peut réduire la médication de façon graduelle. Dans la grande majorité des cas, je n’ai jamais eu à faire opérer ou dilater les coronaires des patients qui suivent le programme Ornish, même ceux chez qui les lésions étaient multiples et sévères.

La plupart de mes collègues hésitent pourtant à recommander ce type de programme intensif à leurs patients, puisqu’il est très exigeant et qu’il n’est pas, selon eux, réaliste de leur demander de devenir des végétariens stricts, de faire de l’exercice sans faute de trois à quatre fois par semaine et de suivre un programme de gestion du stress. Pour ma part, je crois qu’il faut informer le patient de l’efficacité de ces programme et lui laisser le choix. Plus les patients seront bien informés de toutes les possibilités de traitement, mieux ils seront armés pour discuter de façon précise avec leur médecin des options qui se présentent à eux pour leur traitement et mieux ils seront disposés à suivre le plan de traitement.

Si vous souffrez déjà d’une maladie coronarienne documentée, par exemple si vous avez déjà subi des pontages aorto-coronariens, une angioplastie coronarienne, un infarctus du myocarde ou encore que vous souffrez d’angine chronique et que vous êtes intéressés par cette approche du Dr Ornish, vous pouvez en discuter avec votre médecin. Au préalable, je vous conseille de consulter le site web du Dr Ornish ou de visionner ses conférences sur YouTube.

Si vous n’avez jamais eu de problèmes coronariens, je crois que l’alimentation méditerranéenne demeure un choix logique pour la plupart des gens. Par contre, si vous cumulez plusieurs facteurs de risque de maladie coronarienne ou si plusieurs de vos parents proches ont été touchés par un accident coronarien à un âge relativement jeune (moins de 65 ans), je crois que vous devriez sérieusement considérer l’alimentation végétarienne. Je la conseille d’ailleurs souvent à des personnes dans la trentaine et la quarantaine qui me consultent pour une évaluation préventive et qui ont de très lourds antécédents cardiovasculaires dans leur famille.

Il est grand temps de jeter les gras trans à la poubelle !

Il est grand temps de jeter les gras trans à la poubelle !

Après plusieurs années de tergiversations, Santé Canada propose enfin d’interdire l’utilisation des huiles partiellement hydrogénées (gras trans artificiels) dans les aliments vendus au Canada.  La dernière consultation publique sur ce projet étant maintenant terminée, il est à souhaiter que le gouvernement aille de l’avant et bannisse définitivement ces gras trans de notre alimentation, car on ne compte plus le nombre d’études qui ont clairement démontré leur impact négatif sur la santé.

Les gras trans sont des matières grasses synthétiques, produites à l’aide d’un procédé industriel (hydrogénation) qui modifie la structure des huiles végétales liquides et les transforme à un état solide ou semi-solide.  Ces graisses synthétiques sont devenues au fil des années des piliers de l’industrie alimentaire, car elles sont très stables, ne rancissent pas et permettent d’augmenter la durée de conservation des aliments tout en leur donnant un goût et une texture agréable.

Malheureusement, ce qui est bon pour l’industrie ne l’est pas nécessairement pour la santé des consommateurs et il est rapidement apparu que la consommation d’aliments contenant ces gras trans était associée à une hausse importante du risque de plusieurs maladies, en particulier les maladies cardiovasculaires.  Par exemple, l’inclusion de seulement 2 à 7 g de gras trans à l’alimentation (soit à peine 1-3 % des calories totales) est associée à une hausse de 25 % du risque de maladies coronariennes !  Cette toxicité est une conséquence de nombreux effets négatifs des gras trans sur plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, en particulier :

  • le profil de lipides sanguins : hausse des triglycérides et du cholestérol-LDL, baisse du cholestérol-HDL ;
  • une hausse de l’inflammation systémique, un important facteur de risque de rupture des plaques d’athérosclérose;
  • une altération de la fonction endothéliale, c’est-à-dire le fonctionnement des cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins.

En plus des maladies coronariennes, une hausse du risque de diabète de type 2 et de certains cancers (sein) a aussi été observée chez les personnes qui consomment le plus de gras trans, sans compter que des études suggèrent que ces gras pourraient aussi diminuer certaines fonctions cognitives de base.  En somme, il n’y a aucune ambiguïté: les gras trans sont de véritables poisons alimentaires, même à faibles doses, et il ne faut pas simplement réduire leur consommation, mais bien les éliminer complètement de l’alimentation.

En attendant une loi en ce sens, chacun d’entre nous peut limiter au minimum l’apport en gras trans en diminuant la consommation de produits industriels transformés ainsi qu’en portant une attention particulière aux étiquettes nutritionnelles et aux listes d’ingrédients.  Plusieurs manufacturiers ont déjà volontairement éliminé les gras trans de leurs produits, mais il faut demeurer vigilant : tout aliment qui contient « huile végétale hydrogénée ou partiellement hydrogénée » ou encore « shortening » contient des gras trans, et plus cet ingrédient est au début de la liste, plus son contenu en gras trans est élevé.

Il faut aussi être conscient que même si l’élimination des gras trans de notre environnement alimentaire est une très bonne chose, cela ne réglera pas par magie les problèmes de santé associés à une mauvaise alimentation.  Même dépourvus de gras trans, un très grand nombre d’aliments transformés présentent un contenu élevé en gras et en sucres libres, et leur surconsommation  mène  à un excès de calories qui hausse le risque d’embonpoint et d’obésité. L’explosion phénoménale de l’obésité au cours des dernières années est d’ailleurs en voie de contrecarrer la baisse de mortalité due aux maladies cardiovasculaires qui était observée depuis les années 1970, et on commence déjà à percevoir les premiers signes d’une augmentation de l’incidence des maladies cardiovasculaires. En effet, des données récentes montrent que l’incidence de l’infarctus du myocarde n’a pas diminué au cours des dix dernières chez les hommes jeunes (30-54 ans) et a même augmenté chez les femmes de ce groupe d’âge. Selon les dernières données des Centers of Disease Control américains, cette hausse de maladies cardiovasculaires contribuerait à la diminution de l’espérance de vie récemment observée aux États-Unis, une première depuis plusieurs décennies.  Plus que simplement éliminer les gras trans de l’alimentation, il faut donc modifier les habitudes alimentaires dans leur ensemble, notamment en diminuant la consommation de produits transformés au profit d’aliments plus sains comme les végétaux.

 

 

 

 

 

 

La fibrillation auriculaire chez les athlètes

La fibrillation auriculaire chez les athlètes

La fibrillation auriculaire (FA) est une arythmie qui se caractérise par des battements du coeur très irréguliers, conséquence d’un dérèglement de l’activité électrique de l’oreillette gauche (les ventricules se contractent normalement, heureusement). En pratique, la transmission du signal électrique est tellement anarchique qu’il n’y a pas contraction de l’oreillette à proprement parler, ce qui cause une stagnation du sang à ce niveau et un risque élevé de formation d’un caillot (thrombus). Ce caillot peut à tout moment traverser la valve mitrale pour se rendre au ventricule gauche et ensuite être éjecté dans la circulation via l’aorte pour atteindre le cerveau et provoquer une embolie cérébrale aux conséquences dévastatrices. D’ailleurs, la fibrillation auriculaire non traitée par des anticoagulants représente l’une des premières causes d’accidents vasculaires cérébraux.

Plusieurs études ont démontré que les très grands athlètes, tels que les marathoniens, les cyclistes et les skieurs de fond professionnels ou de haut niveau sont plus touchés par la FA que la population en général. Par exemple, une étude a révélé que les champions de ski de fond scandinaves qui avaient complété le plus de courses et avec les meilleurs chronos, avaient de 4 à 5 fois plus de risque d’être touchés par des épisodes de fibrillation auriculaire. Cette hausse du risque ne semble pas restreinte aux athlètes d’élite et toucherait également les hommes âgés de moins de 50 ans et les joggers qui s’entraînent de façon extrêmement intensive plus de 5 jours par semaine. Les mécanismes de ce phénomène ont fait l’objet de nombreuses études, la plus connue étant celle de l’équipe du Dr Stanley Nattel de l’Institut de Cardiologie de Montréal qui a soumis des rats à un entraînement intensif sur un tapis roulant une heure par jour pendant 16 semaines d’affilée, ce qui représente l’équivalent de dix ans d’entraînement chez l’humain. Les résultats ont montré que cette fibrillation serait liée à une dilatation des oreillettes causée par l’augmentation du débit cardiaque ainsi qu’à une hyperactivité du nerf vague qui rend l’oreillette plus susceptible de se contracter de façon désordonnée.

Les personnes très sportives qui s’entrainent à très haute intensité depuis plusieurs années doivent donc demeurer attentives à tout signe inhabituel qui peut suggérer la présence d’une FA (palpitations, inconfort au niveau de la poitrine, essoufflement, étourdissements, fatigue). Comme le souligne une étude récente, ces anomalies peuvent souvent être traitées avec succès simplement en diminuant le niveau d’intensité de l’exercice ou, pour les cas plus graves, à l’aide de médicaments anti-arhymiques ou de procédures chirurgicales (ablation des cellules défectueuses de l’oreillette).

Il faut retenir que l’exercice est indispensable à la prévention des maladies cardiovasculaires et au maintien d’une bonne santé en général, mais qu’il est généralement préférable de s’en tenir à une quantité modérée pour éviter les complications associées à des périodes prolongées d’entraînement très intensif, en particulier la FA.  D’ailleurs, les études montrent que la pratique régulière d’activités physiques modérées contribue à diminuer le risque de FA,  ce qui montre à quel point tout est fonction de la « dose » d’exercice réalisée.

Je dis toujours à mes patients qui désirent s’entraîner pour des épreuves extrêmes qu’ils doivent le faire seulement si c’est une passion pour eux, et non dans l’espoir qu’ils seront en meilleure santé. Les études montrent clairement qu’il n’est absolument pas nécessaire de faire autant d’activité physique pour prévenir les maladies cardiovasculaires et vivre plus longtemps, car l’effet protecteur maximal est atteint à des niveaux d’activité physique bien inférieurs à ces extrêmes.

L’entrainement avec sprints supra-maximaux ou « sprint-interval training » : la nouvelle panacée en entrainement ?  

L’entrainement avec sprints supra-maximaux ou « sprint-interval training » : la nouvelle panacée en entrainement ?  

Plusieurs études indiquent que l’entrainement par intervalles à haute intensité (« high-intensity interval training » en anglais) procure de nombreux bénéfices, autant chez les personnes sans maladies cardiaques (sédentaires et athlètes), les patients avec facteurs de risque cardiovasculaires (obèses, hypertendus, syndrome métabolique) que les patients cardiaques (coronariens et insuffisants cardiaques). Au Centre ÉPIC, nous utilisons depuis 2009 cette méthode pour l’entrainement de nos membres ; par exemple, un protocole couramment utilisé consiste à pédaler 15 sec sur un vélo stationnaire au maximum de la capacité, suivi d’une période de récupération de même durée, soit de façon passive (repos complet) ou active (exercice de faible intensité), et ce pendant 8 minutes.  Après une courte pause, on recommence le tout pour un autre bloc de 8 minutes.  Au total, la personne fait donc 16 minutes d’activité physique, mais seulement 8 minutes d’activité réelle puisqu’elle est en arrêt la moitié du temps. Lorsqu’on mesure la capacité aérobique après ce type d’entraînement, on observe que ces 8 minutes d’activité physique intense, mais fractionnée, sont plus efficaces que 30 minutes d’activité modérée continue.

Depuis peu, une autre forme d’entrainement encore plus court et plus intense à fait son apparition, tout d’abord en recherche, puis dans le domaine du conditionnement physique. Ce type d’entrainement est appelé en anglais « sprint interval training », ce que nous traduirons par entrainement avec sprints supra-maximaux. Il consiste à répéter de 4 à 8 sprints de 10 à 30 sec à des puissances très importantes (>170% de la puissance maximale aérobie (PMA)), entrecoupés par des périodes de repos variant de 10 sec à 5 min (voir l’encadré pour mieux comprendre à qui correspond la PMA).

En 1996, le chercheur japonais Izumi Tabata a été un des premiers à expérimenter ce type d’entrainement en utilisant 7 à 8 sprints de 20 sec à 170% de la PMA avec récupération passive de 10 sec, ce qui correspond à 4 min au total pour la séance.  Lorsque réalisé pendant 4 semaines comparativement à un entrainement  modéré continu de 1 heure (à 70% de la PMA), ce type d’entrainement au sprint améliorait la capacité anaérobie (ce qui semble logique) mais aussi la VO2max de façon équivalente à l’entrainement modéré continu (plus surprenant) chez des sujets jeunes en bonne santé. D’autres chercheurs, comme l’Australien Nigel Stepto, ont montré qu’un entrainement de 3 semaines à l’aide de sprints de 30 sec à 175 % de la PMA (12 sprints) avait des effets similaires sur la performance qu’un entrainement de même durée utilisant 8 intervalles de 4 min à 85% de la PMA chez de jeunes cyclistes entrainés. Plus récemment, l’équipe du Dr Martin Gibala a montré qu’un entrainement de 12 semaines, utilisant 3 sprints de 20 sec (250% de la PMA) 3 fois par semaine avait des effets équivalents sur la VO2max, la fonction mitochondriale musculaire ou la sensibilité à l’insuline qu’un entrainement modéré continu (45 min à 70% PMA) chez de jeunes sujets sédentaires. Il a même été démontré qu’un programme de sprints de 2 semaines utilisant 4 à 6 sprints maximaux de 10 sec (>200% de la PMA) avec 2 ou 4 min de repos était tout aussi efficace que des sprints de 30 sec. On sait maintenant que les mécanismes d’adaptations de l’entrainement aux sprints supra-maximaux passent par notamment par des améliorations des enzymes oxydatives musculaires comme la citrate syntase.

Il semble donc qu’un entrainement à très haute intensité puisse procurer des bénéfices cardiovasculaires importants, et ce de façon beaucoup plus rapide que l’entrainement modéré. Cependant, bien que comprimer le temps consacré à l’exercice et avoir des séances très courtes (<10 min) soit séduisant, on remarque que ce type d’entrainement peut être très exigeant et n’a été étudié que chez les sujets sains jeunes (<40 ans) en santé et sur de courtes périodes de temps (2 à 12 semaines). Son application à des populations plus âgées en bonne santé ou encore qui présentent des facteurs de risques ou des maladies cardiaques stables reste à être déterminée, autant en terme d’efficacité que de sécurité (blessures).

 

Puissance, temps d’effort et sources d’énergie

La puissance aérobie maximale (PMA) est la puissance produite à VO2max, c’est-à-dire lorsque le corps atteint sa capacité maximale à consommer de l’oxygène lors d’un effort progressif maximal d’une durée de 8-12 minutes. Le métabolisme aérobie est la principale source d’énergie après quelques minutes (voir figure de droite).  Chez une personne peu entrainée, cela correspond à une puissance qui peut être maintenue environ 3 à 5 minutes (voir figure de gauche).  On peut facilement reconnaître l’atteinte de la PMA par les sensations ressenties lors de l’effort, soit l’apparition d’une douleur musculaire, une augmentation de la ventilation, une incapacité de parler durant l’exercice et, évidemment, l’épuisement. Comme son nom l’indique, un sprint supra-maximal correspond à un effort qui dépasse la puissance aérobie maximale d’une personne (ex : 135 et 200% PMA – voir figure de gauche). Ces dépassements sont rendus possibles par la capacité du corps de se tourner vers d’autres sources d’énergie sans oxygène (phosphocréatine/glycolyse anaérobie : voir figure de droite) qui donne beaucoup d’énergie sur un temps très court, mais s’épuisent vite. L’utilisation de ces réserves énergétiques permet donc de soutenir un effort très intense pendant une courte période de temps, par exemple lors d’un sprint réalisé à bout de souffle.

puissance_temps2

Planifier un menu de type « méditerranéen »

Planifier un menu de type « méditerranéen »

De nombreuses études ont démontré les effets protecteurs pour la santé de l’alimentation traditionnelle des populations méditerranéennes.  Composée principalement d’aliments d’origine végétale et d’ingrédients peu transformés, cette alimentation offre un apport important de fibres, d’antioxydants et de bons gras insaturés. À l’inverse, elle contient peu de sucre ajouté, de gras saturés, de gras trans et de sodium.

Voici quelques conseils pour intégrer les principes méditerranéens dans votre alimentation quotidienne :

Déjeuner

  • Choisissez un produit céréalier à grains entiers, comme du gruau, du son d’avoine, du pain de farine entière ou des céréales de grains entiers.
  • Ajoutez une bonne source de matières grasses sous forme de beurre d’arachide ou d’amande 100% naturel, de noix, de graine de lin ou de chia.
  • Combinez avec un produit laitier faible en gras comme du lait, du yogourt nature aromatisé avec un peu de sirop d’érable ou encore une boisson végétale enrichie.
  • Complétez avec un fruit frais ou surgelé de couleur vive!

Dîner et souper

  • Remplissez la moitié de votre assiette de légumes colorés. Ils peuvent être crus ou cuits, en soupe, en salade, en crudités, grillés, rôtis ou sautés!
  • Intégrez une part de produits céréaliers à grains entiers (riz brun, quinoa, orge, pâtes de blé entier, pomme de terre avec la pelure, pain ou craquelins de farine entière).
  • Intégrez une autre part d’aliment riche en protéines. Le plus souvent possible, utilisez les légumineuses ou les produits du soya (tofu, tempeh). Trois fois par semaine, choisissez le poisson, idéalement gras. Variez avec le poulet, les œufs et occasionnellement, la viande rouge. Ajoutez des noix et graines en complément ou en collation.
  • Utilisez l’huile d’olive ou l’huile de canola pour la cuisson, les vinaigrettes et l’assaisonnement.
  • Complétez le repas avec un produit laitier maigre ou un substitut de lait et un fruit.
  • Assaisonnez avec des fines herbes et épices. Limitez le sel.
  • Buvez de l’eau. En absence de contre-indication, il est possible, mais non obligatoire, d’ajouter un verre de vin rouge.
  • Conservez les sucreries et aliments peu nutritifs pour les occasions spéciales.
  • Prenez le temps de savourer le repas!